NOUS ENTENDONS BIEN APPRENDRE ENFIN LA
VERITE SUR CES TROIS AFFAIRES CRIMINELLES !
La vérité sur une au moins des affaires criminelles, mon cher Le Sournois :
Depuis plusieurs mois déjà, nous préparions assidûment ce voyage qui devait
combler nos lacunes en matière d’orientation. Le travail de préparation avait
été long et difficile. La fiche technique avait fait de nombreux allers-retours
sur internet, s’enrichissant à chaque trajet de nouvelles idées. Deux nuits du
mois de juillet, Rémi s’était même couché à 1 h du matin pour nous réserver les
PREMS les plus avantageux. Toute l’organisation avait été bouclée tellement
longtemps à l’avance que certains avaient même oublié qu’ils étaient inscrits !
La veille, le Prof nous annonça ce qui était prévu au sujet des pique-niques :
Il y aurait des jeux, avec des gagnants et des perdants. Les provisions des
perdants seraient récupérées par les gagnants avant que les premiers ne soient
précipités dans le vide. Ceux qui étaient sûrs de gagner n’avaient donc pas
besoin d’emporter un pique-nique, nous expliqua-t-il.
Enfin, le jour tant attendu arriva. Le 20 octobre, à 20h30 à la gare
d’Austerlitz, sur le quai du train CORAIL, nous étions bien 14 au rendez-vous.
Le Prof, en sa qualité, bénéficiait d’une couchette de première. Et tout le
monde dormit d’une traite jusqu’à Tarascon. A 800 m de la gare d’arrivée,
l’hôtel « Confort » nous ouvrit ses portes, malgré l’heure matinale.

Le Prof avait exigé une chambre pour lui tout seul, mais il accepta cependant en
toute simplicité de déjeuner avec nous, sans même attendre le plateau qu’on
s’apprêtait à lui porter.
Puis le taxi vint nous chercher pour nous emmener en montagne.


Pour ce premier jour, on s’apprêtait à bien rigoler.
Alain C. et moi étions les meneurs de jeu. Le but était apparemment de perdre
les autres. On décida de les emmener hors sentiers, sur les crêtes, et ils
n’avaient pas le droit de regarder la carte.

Et puis le Prof nous força à descendre une pente pleine de trous et recouverte
d’une herbe glissante appelée « Gispet ». Alain C. et moi, nous ne voulions pas,
mais on n’avait pas le choix, et les autres suivaient.


Malgré tous nos efforts, personne ne fut perdu et donc le jeu se termina sans
gagnant ni perdant. Par chance, contrairement aux instructions du Prof, chacun
avait apporté son pique-nique.
L’après-midi, on devait toujours jouer à se perdre, mais cette fois par groupes
de deux. Là, c’était drôlement bien, parce qu’il n’y avait qu’à rester en
arrière et ensuite à aller au même endroit que les autres en faisant semblant de
regarder la carte.
Après, le Prof dit que c’était le moment de l’« heureux retour » et qu’il n’y
avait plus qu’à redescendre gaiement jusqu’au village où nous attendait le taxi.
Le lendemain, les meneurs de jeu étaient Alain B., Frédéric et José.
Ignorant les protestations des plus faibles, méprisant les menaces de rébellion
du groupe qui scandait : « halte aux cadences infernales », ils nous menèrent à
600 m/h jusqu’au lac.
Le couleurs rouge et ocre de l’automne envahissaient les pentes herbeuses.

Une fois arrivés sur la crête du « Grougn », ils nous entraînèrent de l’autre
côté, et il fallut alors deviner où nous étions sans utiliser le GPS. Le Prof
notait sur sa carte les réponses des uns et des autres et il calculait en même
temps la meilleure réponse, la moins bonne, la médiane, mais ne voulut pas nous
communiquer les résultats de ses statistiques. Seule, nous dit-il, la moyenne
des réponses correspondait au positionnement donné par le GPS (mais, comme
chacun sait, la moyenne n’appartient à personne...).

Ensuite, nous avons commencé à comprendre le but véritable de la journée :
C’était apparemment que quelqu’un se fasse une entorse. Car les meneurs de jeu
nous guidèrent hors sentier dans une pente très raide, caillouteuse et
recouverte de racines de rhododendrons, de sorte que nos pieds s’enfonçaient
dans des trous redoutables, sans même que nous ne les ayons vus à l’avance !
Tout le monde était inquiet, mais personne n’osait le dire tout fort, de peur de
perdre la face. Finalement je me dévouais et, n’écoutant que mon sens du devoir,
je dis timidement : « Je crois que j’ai un peu mal à la cheville ».
Aussitôt, comme un seul homme, tout le groupe se réunit autour de moi pour
m’assurer de son indéfectible soutien. Et le Prof décida d’un changement
d’itinéraire qui nous emmènerait directement au pic de Bassabié.


Après une montée aussi éprouvante, aucun étonnement à ce que certains aient vu
le Mont-Blanc, la Tour Eiffel, ou même le Mont Pagnotte dans les couches de
nuages qui s’élevaient devant nous.

Puis, Luc fut chargé de trouver une cabane avec une douche chaude. Malgré de
nombreux efforts et toute la participation du groupe à la méthode du « jalon
volant », il ne put découvrir ni cabane ni douche !


La descente se fit ensuite sans encombre jusqu’au village où nous attendait le
taxi salvateur.
A 22 h, dans le train de nuit pour Paris, nous n’avions que des couchettes de
2nde, au grand déplaisir du Prof, qui dut se satisfaire d’une promiscuité
gênante et d’odeurs douteuses.
Christian remit sa cravate certainement très tôt le lendemain matin et se rasa
je-ne-sais-où, en tout cas à 7 h 30 en gare d’Austerlitz, il ressemblait plus à
un homme d’affaire en voyage commandé qu’à nous autres, sales et hirsutes ours
des Pyrénées.
Un très grand merci à Martine pour ce brillant récit. Et merci à elle, à
Rémi, et au magnifique, grandiose et merveilleux Migol, notre vénéré président ,
qui nous a entraîné dans les pentes herbeuses qu'il affectionne.
Je rajouterais quand même quelques anecdotes concernant le dernier soir.
D'abord cette angoissante interrogation lorsque le panneau lumineux de la gare
de Tarascon sur Ariège s'obstinait à indiquer Toulouse au lieu de Paris
Austerlitz et que nous nous attendions à entendre un message du type "voie une,
attention au passage d'un train ". Ensuite, les efforts désespérés (mais
finalement couronnés de succès) d'Alain G, du comte Frédéric et de Deke pour
fermer ce fichu store qui restait coincé au dessus de la fenêtre du
compartiment.
Et cette halte à Toulouse, où de jeunes et jolies occitanes
sont venues nous
déranger dans notre sommeil. A ma proposition de partager ma couche, elles ont
fui à toutes jambes. Pourquoi, alors que je suis un honnête citoyen et surtout
pas un tueur en série ?
Avec des fleurs mon cher V.Nal !!!

Tu oublies de dire que nous sommes partis 14 et revenus à 12 !!! où sont
les deux manquants !!
que dis-je les
victimes du Prof ! (il me semble qu'ils avaient contesté ses méthodes de
gestion)
Tu oublies de parler du complot mené par une certaine Martine C. pour se
débarrasser du président de la Commission (la pauvre !)


Sans compter les hordes de vaches sauvages qui nous ont chargées !


Tu oublies de parler du chocolat que le Prof nous a obligé de manger !! dur
souvenir

Ce week end fut terrible, heureux sommes nous qui avons survécu !!
Avec quelques jours de recul, je réalise que les pentes herbeuses pleines de
trous vachards, c'était un coup monté du Prof pour éliminer les organisateurs
incompétents et leur faire tomber leur carte de bénévole
Martine a forcément raison : les organisateurs
incompétents ont été éliminés par le Grand Migol. Mais qui sont-ils ????
Chère miss Bolivia, les reconnaissez
vous nos chers organisateurs, qui pour nous faire plaisir, n’ont pas hésité à
franchir des obstacles, O combien difficiles, le temps d’un week-end ?

Bon, le Grand Migol est en vie, Martine aussi (ou alors
quelqu'un lui a extorqué son mot de passe), V. Nal est là itou... Les 2 nous
disent que Alain G, le Comte Frédéric, Deke et Christian étaient en état de
fonctionnement dans le train...
Ce qui nous fait 7 rescapés sur 14 participants....
Alors, vraisemblablement, ils sont morts dans des souffrances suffisamment
atroces pour ressusciter selon la méthode Peep Tong... Tout va donc bien...
Mais n'empêche, on aimerait connaître les noms des organisateurs incompétents
tués puis ressuscités...
Quelles compétences il a fallu tant sur le plan moral que physique pour
surmonter les épreuves concoctées par le Grand Migol. A une prochaine randonnée,
j’espère me régaler de votre savoureux gâteau au chocolat, à seule fin de me
convaincre de rester organisatrice.
oueche, je suis daccord avec toi le sournois. je crois que finalement la secte
ce n'est pas nous mais eux. Ils sont tous allés en stage "d'embrigarnement". De
plus, ils reversent 50% de leur salaire annuel pour payer les petites factures
des grands gourous.
jamais le prolétariat ne cédera.
Mon très cher La Couac, il faut au moins connaître une fois dans sa vie ce stage
d’embrigadement.

Très cher Le Sournois, ce stage restera bien flou.
vive la planète tarasconariege


Texte : Martine, V.Nal, Un fétiche maléfique, Miss Bolivia, Le sournois, La
couac, Alain.
Photos : Marylise, José