Sale temps pour les lièvres...
Allez comprendre! en cette fête de la Sainte Pélagie, martyre à Tarse (4ème siècle) la météo est vraiment au beau fixe, signe que l'on profite d'une belle arrière saison.
C'est avec un lever bien trop tôt pour un dimanche matin, par un matin toujours noir sous une lune généreuse qui a blanchit la nuit parisienne. A la gare Saint Lazare, c'est toujours la lune.
Les bancs de brouillard scotchés à la Seine semblent annoncer une navigation à la boussole dans une humidité désagréable. Mais le soleil se fait de moins en moins timide en sortant plein sud de la ville de Mantes.
Et le lièvre? au pelage gris et roux, il a de grandes oreilles, plus longues que sa tête, des pattes de derrière beaucoup plus développées que celles de devant; c'est un mammifère craintif et solitaire qui se cache le jour et cherche sa nourriture la nuit. Le lièvre ne creuse pas de terrier et fait une sorte de nid, son "gîte", à peine caché dans un repli du terrain. C'est un inquiet à la mauvaise vue qui s'assied droit pour regarder autour de lui, écouter et à la moindre alerte qui finit par fuir en atteignant 80 km/h. Mais aujourd'hui pour un lièvre qui nous précéderait sur le plateau mantois, c'est bad luck, rien ne sert de courir devant la volée de billes d'acier qui le guette en ce début de période de chasse.
Ah, s'il pouvait partir à temps...on en récrirait les fables .On en verra aujourd'hui au moins un échapper au fusil et au chien lancé à sa poursuite!
Passage en limite de Breuil, accueillis par un ânon braillard captif derrière son grillage vert.
Plein sud, vous disais-je, et voilà c'est notre tour, à nous autres malheureux bipèdes de se retrouver pris au piège de la cloture des Beurons, dans le Bois le Robert, tout à fait imprévu vous n'en douterez pas.
Franchir une cloture de deux mètres par le haut, n'accueille pas une franche adhésion de l'ensemble de notre petit groupe! Qu'importe, il y'a mille et une façons de se faire la belle, et c'est par dessous que l'on se libère avec chacun son style, pour certains tête la première, pour d'autres les pieds devant, et j'en passe...
On arrivera facilement à se garder à distance respectable des chasseurs qui pullulent à droite et à gauche. Prévoyants, nous étions nombreux à nous être rendus bien visibles en nous parant de couleurs vives. Et ce sera par chemins, par champs et même en empruntant le bitume sur quelques centaines de mètres, que l'on randonnera pour arriver sain et sauf (bien entendu) mais tous simplement détendus au château de Corbeville (17ème) pour l'heure du déjeuner.
On s'installe à l'aise sur la pelouse pour se sustenter et siester et profiter d'un peu de quiétude.
Et puis malgré la douceur du soleil, il nous faut malheureusement s'arracher, sur et hors sentiers. Car, loin de suivre l'exemple du lièvre de la fable, on ne lambine pas en route malgré nos sacs à dos qui nous donnent un profil de tortues : c'est du SO+.
En chemin on se rend compte que l'on ne s'est pas
trompé : on est bien dimanche, normal que ca canarde!
Vous devinerez aisément la suite des quelques kilomètres au programme de cette randonnée par temps exceptionnel : traversée de hameaux ou de gros bourgs, bois et champs, pour arriver à Houdan en pleine forme.
Moralité:
Si t'as envie, bonhomme, d'êtr' le premier partout
Y'a pas qu'les moltegommes, y faut avoir du chou !(P.Perret)