mercredi 27 décembre 2006

Souvenirs de Noirmoutier - 27, 28, 29 décembre 2006



C’est l’idée d’île qui nous séduit, et le passage un peu magique pour y accéder, le Gois, qui s’efface à marée haute avec nos traces, nous transportant dans un autre monde : meilleur ? plus beau ?
Et comme pour Alice, beaucoup plus petit : une île aux dimensions d’enfance, des maisons très basses aux volets bleus layette (se voulant bleu grec sur blanc de chaux mais la puissance en est éteinte par le brouillard. Il est vrai qu’elle en a, pour une part, la végétation : arbousiers et chênes verts dans ses mini-bois) sauf au bois de la Chaise qui se la joue grand-siècle.


Même la terre a la taille basse, située en grande partie au dessous du niveau de la mer, et étroite : 500 m de large tout au plus à la Guérinière.
Au bois des Eloux, nous recherchons et atteignons le sommet de l’île : 22 m, marqués par une borne. Notre groupe formé aux trois cinquième de montagnards fervents, n’en revient pas : nous nous congratulons à la manière autrichienne. Notez que l’île est pleine de glaciers, surtout l’été.


Mais à cette saison, nous goûtons un plaisir rare : marcher sur des plages immenses et quasi désertes.
Le 29 décembre sur la plage de la Clère nous surprenons un baigneur solitaire, plus rare qu’une bernache cravant, petite oie sibérienne venue patauger en bande et se gaver de zostères (je sais, moi non plus).


Nous avons cru un moment avoir trouvé le trésor de l’île : les bonottes, parce qu’il faut creuser pour les trouver, mais le vrai, celui qu’on protège, ce sont les oiseaux. Jamais vu autant d’oiseaux. Les hivernants sont là, dans les marais de Müllembourg, plus nombreux qu’au printemps, bien à l’abri derrière le jetée Jacobsen, et dans les marais salants entre L’Epine et Noirmoutier : les gros tadornes de Belon blanc brillant, bec rouge, tête noire, bande orange sur la poitrine, les aigrettes garzette blanches et élégantes, bec et pattes noires effilés, les hérons cendrés, les ibis sacrés oiseaux des mille et une nuits échappés des zoos au grand bec recourbé, et ceux qu’on aimerait croiser : chevaliers gambette, garrots à œil d’or, pluviers argentés…


Et si, comme nous, vous venez entre Noël et le jour de l’an, ne repartez pas sans quelques cadeaux absolument inutiles. Voici notre liste : une cuiller à sel, un bandeau pour les oreilles, une cloche d’entrée, un porte-photos, un oiseau en bois, un livre sur la pêche, un aimant en forme de phare, de la fleur de sel, des gobelets en laiton et une brioche vendéenne.

Bises à tous et bonne année


Avec Chantal, Agnès, Laurent G, Laurent M, Hélène.

dimanche 24 décembre 2006

Dimanche 24 et lundi 25 décembre 2006, Troglodytes à Bleau 2ème partie

Après le grand intérêt suscité chez les participants par « Troglodytes à Bleau » du 17 décembre 2006 pour les abris de carriers, j’ai testé pour vous leur confort et joins ici un petit additif de photos prises lors de la rando effectuée en compagnie de Christophe les 24 et 25 décembre.

Abri sous veine d’exploitation et abri sous roche avec muret, de 2 places chacun.

Abri de repos datant du 19ème siècle.

Entrée sous roche avec muret et marches d’accès.

La chambre en forme de rotonde avec 2 bancs, un renfoncement pour le rangement (bois, effets ..) et sol pavé.

Le foyer vu de l’extérieur

.

Entrée d’un 2ème abri identique au précédent, datant de la même époque, situé à quelques dizaines de mètres.

Abri de résidence pour 2 personnes : la porte d’entrée est située dans une courette creusée dans la roche et masquée de l’extérieur. Il est constitué d’une chambre d’habitation, équipée d’une cheminée, de renfoncements de rangement, d’un banc et d’un bas flanc en pierre.

Home sweet home, l’entrée de notre villégiature de réveillon à quelques pas de l’abri précédent. 4 personnes peuvent y dormir confortablement.

On allume le feu.

Et on réveillonne au champagne ! Pour les amateurs, je prévois une balade sur le thème des carrières et de ses abris courant juin 2007. Qu’on se le dise !

Un reportage de Ma Grâce Sri Didier Maharishi, MOI, votre Soleil Adoré de Dornecy (58).

Mise en page et secrétariat de Maitena Saralegui.

24 décembre avec Philippe Mosnier, la veille de Noël !

Notre décor de la journée c'est la forêt de Fontainebleau où la neige n'est pas au rendez-vous. Le loup que l'on croit apercevoir se faufilant à la croisée d'un chemin n'est évidemment qu'illusion, probablement dû a un thermomètre frisant le zero et à l'humidité d'un brouillard persistant. Qu'importe, ou plutôt tant mieux, car grace à la flexibilité de notre site Internet et son ''Espace Membre'', Philippe a remédié à un concours de circonstances : pas de dimanche sans sortie de programmée au CAF IdF!

Qu'on le sache, avec Philippe ce n'est pas ''bille en tête'', loin de là! Dès la gare de Fontainebleau-Avon, notre guide prendra le temps de nous expliquer le parcours de notre journée, en long et en large, carte municipale à l'appui : une boucle vers l'ouest de la ville en démarrant plein nord, pour finir au sud par le parc du château. Ce sera une marche ponctuée de tous les arrêts nécessaires aux renseignements et anecdotes pour nous permettre de saisir la richesse du massif forestier.

Tout débute par le nom de Fontainebleau, nom dont on retrouve une mention dans la charte de succession de Louis VI. Le rapport avec une fontaine est flagrant; la forêt est bien humide, les nombreuses sources attirant le gibier qui appâte les rois. Il semblerait que le nom vienne de Fontaine-belle-eau; mais on parle aussi d'une Fontaine Bliaud (le chien qui aurait découvert la fontaine), ou Fontaine Eblaud (garde forestier propriétaire au Moyen-Age du terrain où se trouve la fontaine) ou même Blitwald (famille possédant un domaine près d'une fontaine). Ou bien Fontainebleau viendrait du dieu gaulois Belenos?

Après cette mise en bouche, notre groupe prend la direction de la forêt qui, comme on le sait tous, s'est développée sur les sables, les grès, les limons et les argiles laissés par les mers, remaniés par l'eau et le vent.

Odeurs puissantes des sous-bois, silence habité de la forêt, couleurs et paysages chatoyants malgré l'hiver bien présent, se sont ces multiples facettes que l'on traversera aujourd'hui.

Avec ce calme apparent de la forêt qui ne nous quittera que peu cette journée, la traversée des routes départementales et nationales certes mise à part. Mais de la faune sauvage (cerfs, chevreuils ou sangliers et renards, écureuils, lapins, blaireaux...) qui cohabite ici, nous ne verront que les traces. Mais ce n'est pas par manque de chance car les cervidés farouches vivent surtout au crépuscule et dans la nuit, quand les touristes sont rentrés bien au chaud dans leurs villes pour se préparer à réveillonner...

Vous avez déjà été intrigués par les greffes de pin sylvestre, le sexe du Houx à boules rouges, les habitations troglodytiques, les carrières de grès ou encore l'alimentation en eau de la Capitale par les eaux de l'Yonne? Votre place était donc ici, ce dimanche 24 décembre. Notre itinéraire nous mène par une succession de hauteurs, balisées par quelques belles perspectives : la Croix du Calvaire dominant la ville de Fontainebleau et son château..., les chaos du Mont Ussy, le Mont Aigu, le Rocher Bouligny, Rocher des Demoiselles, Mont Morillon et Petit Mont Chauvet qui illustreront ces propos.

Car aujourd'hui, nous voyageons également dans le temps! du 12ème siècle avec la première exploitation du grès destiné au château, au 16ème (où la forêt domaine royal est déclarée inaliénable) puis sous Louis XIV où l'on décrit la forêt comme étant dans un état alarmant : à moitié déboisée pour cause de pâturage et nombreux incendies. Et Philippe nous affirme qu'il faudra attendre 1720 pour que commencent des plantations importantes de chênes, charmes, bouleaux et hêtres, et 1786 pour que les premiers pins sylvestres soient plantés sur quelques zones rocheuses.

Les reboisements reprennent pendant le premier empire, en 1861 est fondée une Série Artistique qui donnera naissance à la Commission des Réserves Artistiques et Biologiques en 1945 et au début des années 50 le maintien des réserves artistiques, la création des réserves biologiques intégrales et des réserves dirigées seront décidés. Enfin, en 2002 le massif forestier de Fontainebleau est classé forêt de protection. Voilà en résumé les nombreux exposés de la matinée, mais j'en oublie forcément le détail... L'on passe d'un arbre remarquable à un autre arbre remarquable, puis l'on passe les clôtures par les échelles aménagées à cet effet.

Et par un dernier virage nous atterrissons dans notre salle à manger, ce qui tombe vraiment à pic! En cette veille de Noël, c'est bien évidemment le dessert avec le gâteau renommé de Philippe (aux raisins) et bien sur celui de Marylise (vous savez, celui au chocolat noir...) accompagnés des quelques verres de vin de circonstance, sans oublier les excellents biscuits et les chocolats pour couronner le tout. Un réveillon ce soir au programme?

Mais ça ''pince'' et nous voilà bientôt repartis par le Long Boyau, le Polygone, on longe l'aqueduc, on traverse la N7 on grimpe le Mont Morillon...

Et vers 16 h15 on s'arrête devant le château qui, lorsqu'on le mentionne en 1137, n'est qu'un château fort qui sera agrandi par Saint Louis. C'est bien entendu le château Renaissance que l'on admire dans l'après -midi hivernal, demeure des souverains de la France depuis François 1er jusqu'à Napoléon III en passant par Henri II, Henri IV, Louis XIV, Louis XV et Napoléon Ier qui y laissèrent tous leur marque. C'est le moment idéal pour ouvrir la boîte de chocolats de Marité, dont profiteront même quelques chanceux promeneurs bellifontains : ''Christmas Spirit'', disent les anglophones.

Une sortie découverte qu'aucun de nous n'aurait voulu manquer. En 2007, pensez à vérifier régulièrement l'Espace Membre : c'est la garantie de profiter pleinement de toutes les sorties organisées par le CAF IdF!

dimanche 17 décembre 2006

Dimanche 17 décembre 2006, randonnée Troglodytes à Bleau

C’est de Thomery que : Marie Hélène, Yolande, Marie, Claire, Valérie, Jean Pierre, Michel, Bernard, Philippe, Christian, Eric, Patrice, Christophe, Xavier et « MOI » Sri Didier Maharishi Votre Sri Adoré, Soleil de Dornecy (58) ont démarré la randonnée du jour.

A l’allure du Soutenu +, notre petit groupe progresse gaiement en toute sympathie et camaraderie cafistes jusqu’à la pause du MacBrunch de 10h30. Cet arrêt est l’occasion de visiter notre premier refuge troglodyte de la journée.

Mais que sont ces abris troglodytes ???

Je passerai rapidement sur les cavités sous roches qui parsèment les massifs gréseux de la forêt. Ce sont des renfoncements naturels qui, à de rares exceptions près, ne peuvent guère accueillir plus de 1 à 3 personnes allongées. Les constructions les plus intéressantes sont celles réalisées par les ouvriers employés dans les carrières de grès exploitées jusqu’à la fin de la 1ère moitié du siècle dernier (XXème siècle). Les carriers afin de se reposer et se protéger des intempéries aménageaient des cavités existantes ou bien construisaient de véritables habitations troglodytes.

On peut rencontrer grosso modo 5 types de constructions différents :

1- les abris sous roche naturels grossièrement travaillés qui peuvent posséder des bancs et des foyers pour le feu taillés dans la pierre.

2- Les abris creusés sous les blocs dont les chambres comme les allées couvertes du néolithique peuvent se situer au dessous du niveau du sol. Certaines possèdent des marches d’accès, des foyers avec des conduits au plafond pour l’évacuation de la fumée, des ouvertures pour faire passer la lumière du jour. Il n’est pas rare de voir une cheminée maçonnée émerger au sommet du rocher qui abrite la chambre d’habitation.

3- Les abris creusés dans la roche même à l’instar des hypogées. Généralement peu profonds, ils sont de forme carrée ou rectangulaire, ils possèdent fréquemment, en plus de la porte, des foyers et des fenêtres.

4- Les cabanes troglodytes construites avec un ou deux murs d’appui en appareillage de petites pierres, la roche constituant les autres parois et la toiture de l’édifice. Elles se composent d’une voire deux pièces séparées. Ces cagnas sont souvent riches en mobilier de pierre : table, bancs, cheminées élaborées, quelques fois des bas flancs remplis de sable, elles ont des fenêtres et possèdent éventuellement des renforcements et des niches pour le rangement.

5- Les cabanes en pierre avec toiture sont constituées de 4 murs voire 3 si elles sont accolées à un rocher ou une veine d’exploitation. Je n’ai jamais rencontré ce type d’habitation dans son état originel à Fontainebleau mais seulement leurs bases ruinées. L’effondrement des toitures est certainement la cause de leur ruine.

Quelques uns de ces abris peuvent recevoir jusqu’à une douzaine de personnes allongées. Quelques passionnés – souvent des grimpeurs - restaurent et entretiennent certains d’entre eux et pour plus de confort y installent des fenêtres vitrées des portes, des bancs, des tables, des bas flancs etc...

Amis cafistes, si au hasard d’un parcours rocheux vous rencontrez l’un d’eux, respectez le et n’indiquez l’endroit où il se situe qu’à des personnes de confiance. Le vandalisme ne sévit pas que dans les cités !

La pause du repas de déjeuner fut agrémentée d’une bonne flambée bienvenue en cette saison, de la visite du Père Noel,

Accompagnée aussi, comme de coutume, du grand concours de chatoyance.......

L’après midi se passa au fil des sentiers, chemins et traversées rocheuses en tout terrain pour plus de piquant, jusqu’à Bois-Le-Roi, et son bistrot du musée, terme de la balade.

A bientôt pour de nouvelles aventures sur Randolog.....

Texte de « MOI », Sri Didier Maharishi
Photos de « MOI » encore et Claire de Gaz de France
Sécrétariat et mise en page de Maitena Saralegui

Avec l’aimable participation de Bernard,
Christian,
Christophe,
Claire,
Eric,
Jean Pierre,
Marie,
Marie Hélène,
Michel,
Patrice,
Philippe,
Valérie,
Xavier,
et last but not least Yolande.

dimanche 10 décembre 2006

Dimanche 10 décembre 2006, A la découverte du Mythique Mont Pagnotte

Chronique d’une ascension en automnale.

Dès la sortie de Pont Sainte Maxence, l’orgueilleux Mont Pagnotte contemplait l’expédition cafarde dirigée par le toujours jeune Adrien Autret qui tentait cette fois l’ascension en automnale mais sous un soleil glacial. Tous avaient en tête les images triomphantes de l’alpiniste Sri Didier Maharishi.


http://www.clubalpin-idf.com/kifaikoi/fiche/Images/dr1.jpg


L’expédition, 91 participants dont 14 Jeunes Randonneurs pleins d’avenir, confiante, progressait dans sa marche d’approche en forêt sous la houlette de Maître Couac Autret qui conscient de la difficulté de la tâche à accomplir avait pour une fois choisi de partir de la bonne gare.


Hélas, dès la sortie de Pont, la première difficulté, la redoutée cascade de glace fut fatale à 23 membres de l’expédition, inexorablement engloutis dans la crevasse.


Le drame fut vite balayé par la nécessité. D’autres menaces pointaient alors que le groupe progressait vaillamment : des flots de boue jaillissaient, exhumant les restes des disparus des précédentes expéditions, ainsi cette chaussure tige basse pointure 41 d’un des membres de la cordée V.Nal.




Après une manœuvre habile de contournement du massif, et non sans avoir encore perdu 14 alpinistes affaiblis, Maître Couac rassembla ses fidèles et leur prodigua encouragement et conseils avant l’assaut de l’arête sommitale .




Le Mont Pagnotte, revêtu de ses mousses de cimetières, plus lugubre que jamais, semblait prêt à faire disparaître pour toujours ces audacieux aventuriers.


La cordée pris d’assaut le Mont, avec enthousiasme et solidarité. Certains chutaient et dévalaient les pentes. 18 nouvelles victimes ne purent hélas se relever de cet enfer.

Enfin au sommet, Adrien la Couac, rayonnant, partagea avec tous les rescapés le secret de sa forme olympique et de sa sérénité : le MacBrunch.

Malgré un coup de blues de Laureline qui regrettait d’être trop aimée pour ses gâteaux, tous apprécièrent ce moment de grâce post-exploit.


Confiants, les membres de l’expédition se laissèrent aller à une descente effrénée, certains esquissaient même quelques pas de danse dans la joie de la Victoire.


Hélas, c’était sans compter avec la boue qui jaillit en vagues avec plus de sauvagerie encore, manquant engloutir le Guide, mais ne ratant pas 9 alpinistes parmi les défaillants.


Vint enfin l’instant de la trop courte pause. Monsieur Couac était venu sans les habituels porteurs de braséros ; pas de feu donc, mais à boire et à manger.


L’éblouissant Jean Marie J’Aime la Paix, alpiniste fameux qui après avoir vaincu cet été le Kilimandjaro était heureux donc de sa belle réussite au Mont Pagnotte et fêtait dignement l’exploit.


Une nouvelle coulée de boue dégagea encore une brouettée de victimes passées mais non identifiées. Monsieur Couac fit dresser une croix et leur rendit un hommage émouvant.




La Nature était sans pitié. Un dernier fleuve de boues noires fut fatal à 6 nouvelles victimes qui n’avaient plus la force de danser sur les flots.


C’est alors que Starsky et Hutch déboulèrent au volant de leur Golf vintage et, hélas, causèrent les dernières pertes de l’expédition, 2 malheureux qui n’avaient plus que la force de ramper et étaient invisibles pour les représentants de l’ordre.



Dis donc Hutch, tu crois que le Leclerc de Lanester sera ouvert le 24 décembre ?

Mais Starsky, comment veux tu que je sache ? Tu sais bien que je suis de Maisons Alfort !


Enfin, parvenu à l’autel où le Grand Migol a coutume de sacrifier les fraises Tagada, Adrien et ses héroïques camarades se permirent de donner libre cours à leur bonheur d’avoir eux aussi réussi cette ascension d’un sommet mythique entre tous, le Mont Pagnotte, cruel certes, mais aujourd’hui dominé malgré la perte de 72 de leurs malheureux compagnons.


Maitena Saralegui pour ETB-CAF-IDF

Photos de Jean Marie J’Aime la Paix et Maitena Saralegui


dimanche 3 décembre 2006

03 décembre, promenons nous dans les bois…

Pont Sainte Maxence. Il est dix heures du matin, ce dimanche de décembre avec son avis de tempête de nord-ouest. Le vent souffle déjà et c'est un ciel bien chargé qui recouvre l'Oise gris souris. Pour un peu, on se croirait au Pouldu, joli port de pêche. Se rappelle-t-on du martyre de Sainte Maxence (fin du Veme)? Maxence, fille du roi des Scots et convertie à la foi par Saint Patrice. Elle préfère la religion au prince barbare païen Avicin, s'enfuit jusqu'à l'Oise, où elle est rattrapée par le barbare qui tente d'abord de briser la résolution de la jeune vierge par des prières mais sans succès, l'affection devient fureur et il lui tranche la tête...la légende veut que le corps de Maxence se leva, prit sa tête entre ses mains et la transporta jusqu'à sa tombe.

Joli port de pêche, donc. Les maxipontains ne s'y sont pas trompés, affichant des rêves au long cours où l'on affronterait les éléments en fureur pour s'échouer par miracle sur une île des antipodes, dans les bras d'une jeune indigène. Mais pour l'heure, nous sommes bien en butée de Forêt d'Halatte. Alors pour s'échauffer, plein sud non pas pour les tropiques mais vers le Calipet. Grimpée soutenue, sur la Montagne du Calipet puis traversée de champs pour la maison forestière des Falaises, précisément à l'arrivée des 4x4 des chasseurs.

Or, nous sommes bien en forêt, abri de nombreux grands animaux : sangliers dont on devine la présence, cerfs et chevreuils qui traversent à distance somme toute respectable et respectée. Toujours plein sud et sous les gouttes plus ou moins serrées, nous sommes rapidement au pied de la butte du Mont Pagnotte, dont on gravit les 222 mètres en quelques enjambées. Zut! Aurait-on perdu le sens de l'aventure au CAF IdF? Laissons ce chapitre aux suivants. On cherche vainement à apercevoir la Tour Eiffel, mais c'est le Phare de la Pointe de Blascon qui surgit sous notre nez... ah, le mal aigu des montagnes.

Bon, le Pagnotte, c'est bâche...alors nous voilà repartis dans l'ancien domaine Royal, au sud, sud-ouest au milieu des futaies de hêtres et de chênes bien entretenus. On traverse des parcelles de résineux vers Villers St Frambourg sous une pluie qui se fait battante.

En tentant un léger détour par Chamant on a le vain espoir de trouver l'abri d'un auvent, attirer la sympathie d'un maître de centre hippique et son manège salvateur, civilement offert pour casser la graine? Et bien, c'est raté! On entend quelque découragement dans le groupe, l'illusion d'un transport public qui ramènerait en terre civilisée...et il nous faudra patienter encore deux kilomètres, heureusement séchés par un fort vent d'ouest pour pouvoir faire escale dans un bosquet en lisière de la Ferme des Alouettes. C'est une accalmie en vue des clochers de Senlis, et le moral remonte presque aussi haut, avec l'aide de quelques bouteilles et d'un excellent far aux pruneaux et autres chocolats. Mais il n'est pas question de s'éterniser dans l'humidité ambiante.

Accueillis par une girafe qui surveille l’horizon derrière son mur, nous traversons Senlis, ville royale demeure des rois de France. Incursion touristique par les rues pavées, un aperçu de la cathédrale Notre-Dame, du prieuré Saint-Maurice, des remparts gallo-romains et nous voilà sortis, malgré quelque salon de thé à l'ambiance bien cosy. On ne peut pas tout avoir, et ce sera pour une autre fois!

Cap sur la Forêt de Chantilly. C'est évidemment le domaine du cheval, mais faisant fi des grandes allées sablonneuses et autres pistes labourées, nous optons sans hésitation pour le hors sentiers.

Le soleil pointe timidement ses rayons, le ciel se déchire de bleu et les imperméables sont rangés dans les sacs. Elle n'est pas belle la vie au sec?

En cette sison le crépuscule arrive bien tôt, et c'est sous la pleine lune que nous arrivons au château de Chantilly pour longer le champs de course et le Musée Vivant du Cheval, Porte Saint Denis. Comme promis, ce sera le train d'avant pour Paris!