Ce dimanche 18 mars, on avait toutes les raisons de se dire que le Printemps n'avait jamais été aussi proche…enfin, à en croire le calendrier…Car ce sera une journée de pluie, avec bourrasques de vent sous des températures plus que mesquines, à en croire l’ensemble des experts de la météo sur la métropole. L’hiver, ce matin, vient soudainement se rappeler à notre bon souvenir après quelques jours de belle saison trop précoce. Et pourtant, un grand risque de sécheresse, peut-on lire.

A 8 heures du matin, le Pont d’Austerlitz enjambe la Seine grisâtre sans grand enthousiasme et, faisant de même, on arrive à souhaiter que le réveil n’eut point sonné pour rester bien chaudement sous la couette.

A 9 heures nous voilà comme prévu sous une pluie fine, fraîchement débarqués sur le quai de la gare de Dourdan. Avec du recul, on ne peut pas se rappeler d’une franche conviction sur le moment : une demie-journée de rando ? un retour avant 15heures ? ou même attendre le train sur le quai en face pour une retraite somme toute justifiée ?

Mais c’est bien évidemment d’un pas allègre que notre compagnie affronte les cieux, en contournant la ville par le Nord. Mais comme on en est tous convaincus, le tout c’est de se mettre en route ! On affronte une première côte, un peu de boue, un combat bref en hors sentier avec un taillis un peu trop dense et nous voilà déjà à Roinville, ou un aspirant organisateur en voie de certification prend la tête avec carte et boussole en main.

Un virage à droite, encore quelques pas à gauche et c’est le hameau de Marchais et son abri bus en fibrociment temporairement salvateur. Mais il est rapidement temps d’affronter le sentier bien dégagé qui traverse la plaine au milieu des jeunes pousses de céréales…pour arriver à l’abri bus suivant (en fibrociment), qui côtoie à Venant quelques statuettes religieuses, à la puissance peut-être aussi rédempteurs l’un que l’autre.
Le temps d’observer un molosse aux yeux rouges qui s’évertue à nous dissuader de l’autre coté de sa grille et nous voilà repartis vers l’Est (le vent dominant toujours dans le dos, hé hé…). Aujourd’hui c’est un retour aux sources comme l’annonce le titre, hors du retranchement de la forêt parce que les chasseurs ont remisé leurs fusils. : le B.A.- BA de la randonnée soutenue en Ile de France, bois et champs.
Soudain, avant les premières habitations d’un village, nous sommes surpris par ce que l’on croit être une chance inouïe : nous voilà tombés quasi nez à nez avec un beau spécimen de héron cendrée (Ardea cinerea) immobile au milieu des plantes aquatiques…chut ! chut ! …pour s’apercevoir plus ou moins rapidement qu’il ne s’agit en fait que d’un vague cousin de la famille des nains de jardins…déception passagère.

Deux kilomètres plus loin, il est unanimement convenu que l’heure de la pause déjeuner a sonné, et de profiter d’un enclos au gazon presque civilisé sous les conifères plantés de main d’homme.

Après s’être sustenté sous l’accalmie (et les résineux), c’est une partie de football endiablée improvisée par certains pendant que d’autres se dévouent pour finir le dessert et les bouteilles, question de se réchauffer.
Avec un score de 3 à 3 (au ballon) il est temps de reprendre la piste. Et chemin faisant, nous décidons évidemment de poursuivre notre promenade jusqu’à Breuillet comme prévu au programme ; l’option de clôturer cette journée à Saint Chéron, un moment envisagée, est démocratiquement abandonnée. Et c’est de nouveau bois et champs (enfin surtout des champs) pour arriver à Saint Sulpice de Favière et sa splendide église gothique, la plus belle d’Ile de France put-on lire.

Accolée à la Chapelle des Miracles, elle fut longtemps un lieu de pèlerinage, le saint patron de ces lieux (XII ème siècle) fut réputé avoir réalisé un miracle : ressusciter un enfant noyé. Alors forcément aujourd’hui cela ressemblerait presque à un nouveau miracle, puisque le soleil balaye bien soudainement les nuages de la journée pour aider à sécher et réchauffer les os humides des randonneurs du CAF.

On prend alors l’option de longer le parc du château de Segrez et son arboretum (un des plus grands de la planète en 1884) et nous sommes plusieurs à nous imaginer les châtelains du site.
Après avoir affronté le Bois de Bavile, une dernière montée bien pentue, et on s’accorde une dernière pose à la Porte des Bourdeaux

à 154m d’altitude, toujours sous le soleil bienfaisant. Alors malgré tout, il est bien temps de se diriger vers la gare de Breuillet et le train de 16heures 15, après avoir profité d’une journée dynamique au plein air.

A 18 heures, ayant siroté un verre bien mérité sur le boulevard , le pont d’Austerlitz semble sûrement un peu plus enthousiaste, quoique…back to basics.