En ce week-end de chassé croisé entre juillettistes et aoûtiens, nous sommes une bonne dizaine de randonneurs motivés à se retrouver à Dreux à la descente du train qui file vers Grandville. Paris est alors à quelques 80 kilomètres à l’est. La sortie commence fort par un "Dreux plus Dreux ça fait quatre" qui fuse de Guy, ce qui malheureusement ne cadre pas vraiment avec le titre, mais on rangera ce bon mot dans la catégorie des "impondérables" dont je vous parlais plus haut.

 

 

C’est donc un départ bien ordinaire par le GR de Pays de l’Eure, car comme  nous le fait de nouveau remarquer fort justement Guy (qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot) : "avant l’Eure, ce n’est pas l’Eure". Plaisir matinal d’une découverte des bois et champs avec passage (à pied) au pied de quelques éoliennes, de toute évidence échouées en pleine Beauce.

Marcher à la balise lasse bien rapidement et, sous prétexte de quelques dizaine de mètres de bitume, on s’essaie à gagner les rives du cours d’eau en traversant un champ de colza moissonné de peu (ça masse). Ce qui nous vaut un "maintenons le rythme et soyons à l’Eure !", encore fort à propos. Pour sûr, aujourd’hui ce n’est pas la couleur verte qui fait défaut mais les paysages sont vraiment contrastés pour qui sait savourer. Car on traverse bien entendu une partie de l’Eure-et-Loir (la Loir affluent de la Sarthe et pas la Loire !), en pleine Région Centre.

 

 

On vient à croiser un fier équidé qui n’a rien du percheron du pays et qui,malgré l’écriteau de mise en garde, est une illustration bien vivante qu’être à la fois entier et câlin ne sont pas incompatibles.

 

 

 

 

      

 

 

 

 

Notre itinéraire nous mène alors dans Villemeux-sur-Eure, ce qui provoque un colloque sur les roses "crémière" (avec le beurre, SVP) et les maisons à colombage du lieu, jugées d’un commun accord comme n’étant vraiment pas piquées des hannetons.

 

  

Mais voilà que les cieux nous menacent soudainement "grave" à la sortie d’un bois. C’est une nouvelle traversée de plaine qui s’engage et nous sommes happés par un rideau de pluie en provenance directe de l’Atlantique qui nous tombe dessus et s’évertue de nous transpercer quasi aux os.

Alors sonne le break de 13 heures, Guy (vraiment présent à son habitude) nous tire une bouteille de bon Bordeaux (dûment médaillé d’argent) du fond du sac, et avec un "après la pluie le mauvais temps" qui tombe heureusement à plat, le ciel se déchire de bleu et le soleil nous sèche courageusement…

                                              

La suite des événements est donc tranquillement planifiée pendant que certains roupillent et que d’autres partent à la récolte de fruits de saison : un plein sac de prunelles après les pommes de la matinée. On échange les recettes de confiture, avec ou sans sucre, tout en dégustant des Spéculos.

Et c’est la reprise, les kilomètres qui ne s’enchaînent que parce qu’ils ne se ressemblent pas à un rythme soutenu, le paysage qui défile prudemment à la moyenne de 5 km/h, et des Goretex qui ne font plus que de courtes apparitions sur le dos des randonneurs.

 

Avec une nouvelle pause, la vérité éclate !

Au moins l’un d’entre nous souffre "trop fort" des pieds : les chaussures neuves, même d’excellente facture, sont toujours à proscrire sur plus de 30 kilomètres...

Bien sur, le randonneur prévoyant a toujours une roue de secours, enfin des sandales de secours.

 

 

                          

Compte tenu de la météo, il s’avère prudent de rechausser correctement quitte à se résoudre à se soigner à l’arrivée…et traverser le Néron sur deux pieds fermes avant de longer le Manoir de Vacheresses-les-Basses.

On grimpe alors sur le plateau, ça bifurque une dernière fois à travers les blés rasés, avant de rejoindre la quiétude des bords de l’Eure. 

Ca roule. 

 A cinq heures, on est arrivé à Maintenon, le gosier un peu sec malgré tout ! 

              

Photos, bons mots, et Lynch Bages de Guy Barenholz avec la participation des randonneurs du CAF IdF

Réalisation Jean Dunaux