Et pendant ce temps là, plus à l'ouest...dimanche 16 septembre
Par Jean Dunaux, samedi 6 octobre 2007 à 18:48 :: #157 :: rss

Le soleil se levait sur les brumes du Chateau de Cardaillan de la veille (nerveux et bouqueté lisait l'étiquette). C'était un dimanche de Saint Edith, qui comme tout le monde le sait, était la fille du roi Edgar et mourut vierge mais princesse d'Angleterre en l'an 107. Pour tout vous dire, aujourd'hui on pensait plutôt à Paulette.


Forcément, si on n'impose pas innocemment aux participants nos titres de sorties, on s'accorde provisoirement et sans délibéré qu'il pourrait s'agir de Paulette Godard ou peut-être même de l'héroïne de Pichard & Wolinski, toutes deux à jamais dans nos mémoires.
Toujours est-il que la brume semblait également scotchée par endroits sur la Seine. Dans le train qui nous emmène de Paris, une courte hésitation : par la rive droite ou par la rive gauche? Notre groupe était parti enthousiaste pour un SO+, et comme on vous avait déjà narré la rive gauche...
http://www.clubalpin-idf.com/blog/index.php/2006/05/21/58-dimanche-21-mai-roule-ma-poule

En cette fin d'été, on se retrouvait pour une belle randonnée et au programme on n'avait pas prévu de cirque. Donc si d'emblée on se sent tous des héros ordinaires, cafistes de surcroît, on ne se laisse pas tenter par la plage qui nous attend sur notre route. Piquer une tête ? imaginez un court instant que l'organisateur tombe au fond du fleuve...à l'eau la rando !

Alors que les pêcheurs du Goujon mantais taquinent les quelques vingt espèces qui vivent dans la région et que les skieurs (nautiques) du SNC Vernon s'échauffent sérieusement, nous partons d'un pas allègre dans le soleil levant, donc vers l'est.

On lit que la Normandie est haute et basse, suivant que l'on se trouve à l'est ou à l'ouest : on se trouve donc en Haute Normandie.
Mais détrompez vous, ce n'est pas parceque c'est haut que ce n'est pas bas, enfin que ça ne grimpe pas quoi...

Une première pause déjà bien méritée après quelques cinq kilomètres ; on a abandonné les berges pour les bois par une bonne montée. Pourtant on n'est ni dans les Alpes Mancelles, ni en Suisse normande, et la dénivelée devait rester raisonnable.
En sortie de bois, il faut se rendre à l'évidence, le chemin n'est plus pratiquable.

Alors, après avoir traversé quelques champs qui semblent interminables, c'est un peu plus loin que l'on croise soudain Paulette.
Saurez vous la reconnaître ? C'est la plus vache des trois.

Mais une participante, qui a un peu délaissé son entraînement, vient soudain à flancher en pleine côte. Ni la Coramine, ni les bons mots de l'Almanach Vermot n'y changeront rien et il nous faut opter pour la gare la plus proche.
Il devient maintenant opportun d'évoquer la "boulette". Cette expression que l'on pourrait entendre au Val Fourré, se dit d'une chose géniale, sensationelle. Mais non, pas notre rando du jour : attention aux chevilles !
Et pourtant, il suffirait que l'on laisse déraper un peu les événements et soudain on friserait la boulette au sens où l'entend Balzac, à la page 305 de son "César Birotteau" (La Comédie Humaine). LA boulette, la bévue qui risque de vous flinguer pour longtemps, celle après laquelle on rase les murs...

Donc tout d'abord c'est un anniversaire pour lequel on est prévenu un peu tardivement pour pouvoir le fêter dignement. On a beau promettre le gateau, rien n'y fera et notre route ne croisera pas celle d'un patissier avant bien plus tard dans la journée, bien trop tard, hélas, pour le dessert.
On se rapproche au plus près de la prochaine gare et, justifiée par l'heure avancée, la pause déjeuner se fait sur l'eau en bordure de ville. On évite les déjections canines et au pied du pont, on regarde passer les barges. Convivial, bien sûr, mais un tantinet quelconque malgré le Bordeaux.
Nous en étions à nous résoudre à effectuer une boucle après les quelques 20km de la matinée quand unanime et sans sollicitation, le groupe décide de poursuivre jusqu'au terme de la sortie, notre participante défaillante laissée à trois pas de la gare. Encore 22 ou 25 km ? Qu'importe! Il fait très beau, les mollets sont d'acier et la suite du parcours mérite d'être savourée.

Peut-on qualifier l'enthousiasme collectif de boulette ? Laissant dire les esprits chagrins, c'est une nouvelle côte gravie pour entamer la section plus classique de Bonnière à Mantes par la rive gauche.

Et c'est soudain de nouveau un paysage de falaises blanches, avec la Seine qui déroule son long ruban au milieu des plaines qui ondulent.

Une nouvelle côte à grimper pour dominer le panorama une fois la Roche Guyon dépassée... Les Iles Fidji sont en train de battre l'équipe du Canada, mais on s'en doute, personne ne juge bon de nous prévenir !


Encore une pause bien méritée, sous un soleil décidément généreux !



Sur ces entrefaits et malgré nous, nous voilà forcés de marcher à la file indienne, non par conviction mais de par la topographie. On est alors bien loin des maisons à pan de bois et des fermières qui font leur camembert.

En longeant le terrain de Chérence, au dessus de l'escarpement de crêtes, le XV des Tonga s'apprête à dominer les Samoa; mais on n'en sait toujours rien, bien évidemment .

Ainsi, c'est vraiment assoiffée et dans un état proche de l'Ohio (nous dira-t-on) que notre équipée rejoint le Vétheuil et son cimetière salvateur. De l'eau ! Encore de l'eau ! L'un de nous y oublie son baton de marche, ce qui vaudra aux plus prévoyants de savourer le demi qui risque de manquer à l'arrivée.


Tout ayant une fin (à part la banane qui en a deux, comme personne ne l'ignore), c'est enfin l'arrivée à Mantes, le terme du périple du jour. Quand on aime, on ne compte pas mais le GPS (qui ne ment pas) nous affiche quelques 47 km et 965 mètres de dénivelée positive. Heureusement que tout notre groupe s'est porté volontaire, ce qui n'a jamais empêché quelques ampoules au pieds. Mais l'enthousiasme manifesté en début de matinée est toujours inébranlable.


On attrape le train de 20 heures 02 au sprint, ce qui n'interdira pas les indispensables exercices de stretching, bien au contraire ! Les sourires sont évidemment authentiques, sans aucune mise en scène photogénique.


Mais voilà, la chance soudain nous quitte : un passage à niveau défaillant, le train qui s'immobilise au milieu de nulle part, la nuit qui devient noire, l'heure qui se met à tourner bien rapidement, et la SNCF qui nous débarque à Conflans dans l'attente d'une correspondance pour Paris.
Et la France en est déjà à écraser la Namibie de 44 points quand on débarque enfin à Saint Lazare, d'où on est parti quelques 13 heures et quarante cinq minutes plus tôt.
Ah Paulette, ça c'est de la boulette !
Avec les photos et bons mots de Guy Barenholz et la complicité des randonneurs du SO+.



Commentaires
1. Le dimanche 7 octobre 2007 à 22:08, par Achille
2. Le lundi 8 octobre 2007 à 18:20, par kad et olivier
3. Le mardi 9 octobre 2007 à 22:34, par Jean Dunaux
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