Une pensée furtive pour Fréderic-Auguste Bartholdi en ce jour anniversaire de l'inauguration de la "Liberté éclairant le monde", autre oeuvre de renommée dans le port de New York. Et rapido-presto, des Jeunes Randonneurs convergent sur le parvis, d'autres patientent déjà sur le quai en sous-sol, c'est le plaisir d'accueillir plusieurs nouveaux adhérents, leur bon à la journée ou leur carte en main. On peut bien être nouvel adhérent, Jeune Randonneur, ou les deux à la fois ! 

 

 

Notre groupe s'étant quelque peu étoffé une fois arrivé en gare de Saint Rémy, nous ne passons pas inaperçus dans la montée de la cote de Rhodon, qui est une bonne mise en jambe de début de sortie. Arrivés en haut, on souffle un peu et c'est le moment d'enlever une couche de polaire avant de découvrir les grands espaces.

 

Si les plateaux agricoles de la Haute Vallée de Chevreuse peuvent parfois sembler austères, ils ne s'étendent jamais sur de trop grandes étendues et créent de larges horizons généralement appréciés des randonneurs. Toutefois nous voilà déjà à la mi-automne et même en mettant le cap sur Milon la Chapelle par les bosquets, les sous-bois ou les coteaux, avec le petit vent dans un ciel parfois bas, les brouillards qui laissent tomber quelques gouttes, c'est une atmosphère de Toussaint. Mais puisque la douceur est toujours bien présente et que la grisaille doit faire place aux éclaircies, c'est bien parti pour se remuer sans Goretex.

Après avoir croisé le Chemin Jean Racine et coupé le Bois de Saint Lambert, on aborde l'extrémité du plateau du Mesnil Saint Denis. En traversant la Brosse, l'occasion nous est offerte de proposer un remède de cheval aux éventuels traines-la-patte, mais d'évidence tout le groupe est bien en selle. Car à quarante sept (nombre premier) il n'est pas question de se laisser distancer quand on ne suit pas toujours des chemins bien balisés. Tout le monde assure, bien entendu.

Grâce au passage à l'heure d'hiver ce jour, nous gagnons une heure de sommeil supplémentaire. Le départ a été tardif et à l'horloge solaire on a maintenant l'estomac dans les talons, donc un spot approprié est débusqué en plein Bois de la Roncière le bien nommé.

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

  

   

 

Aujourd'hui nous n'insisterons pas sur la traditionnelle convivialité du repas entre cafistes. La diversité des participants (jeunes et moins verts) fait que les quelques îlots qui se forment n'empêcheront pas de rester en groupe. On peut distinguer les amateurs d'eau, d'air pur et de conversations feutrées et le lecteur de Science et Vie. Il y'a également les amateurs de vin blanc, les amateurs de rouge, les amateurs de rhum ambré de la Martinique...mais peut-être que ce sont les mêmes : vin sur vin pour nos épicuriens ! Et puis il y'a tous ceux qui n'ont pas pris garde d'amener un gobelet mais qui aiment bien l'eau et un verre de vin malgré tout. Des amateurs de gâteaux, il y en a beaucoup également, mais personne n'a pensé à en glisser un ou deux dans son sac. Très certainement pour une prochaine sortie !       

 

 

Soudain, les arbres frissonnent, l'heure a tourné (une attaque pernicieuse de l'au-delà ?). Les couleurs paraissent s'estomper, ou est-ce griserie après grisaille ? Alors on reprend le chemin pour éviter un risque d'envoûtement et, pour l'unique fois de la journée, le groupe se laisse distancer par les quelques uns en tête. Des coups de sifflet auraient retenti. Evidemment, on se retrouve tous bien rapidement après le Moulin de Châtillon et bien avant le point de vue sur le chateau de Dampierre (en Yvelines et construit par Jules Hardouin Mansart). Certains d'entre nous, encore sous le charme du déjeuner, croient distinguer des vignes en arrière plan des jardins Le Nôtre.

On sepente alors dans un bois qui surplombe un vallon... parcourir ce PNR est une découverte de chaque instant voire même un enchantement et, pour un parisien en quête de dépaysement, on profite à la fois d'une nature préservée et de la variété qu'apporte l'activité humaine. Car contrairement aux parcs de province qui luttent contre un dépeuplement de leur territoire, ici tout l'art consiste à éviter les villes dortoirs. Alors, les village sont à la fois vivants et préservés d'une urbanisation sauvage et atypique. A la sortie de Fourcherolle, avec une bifurcation impromptue à gauche, l'on emprunte une vague sente qui borde à distance un pâturage.     

 

Une nouvelle pause après la bonne montée au plateau qui domine Senlisse et voilà le pretexte pour certains de finir le remontant, car on s'habitue malgré tout aux dénivelées positives.

 

 

Encore une bonne occasion de constater que l'appel de la montagne n'est jamais bien loin et que l'on trouve de la dénivelée (raisonnable) en région parisienne ! Ainsi aujourd'hui c'est une grimpette de 465 mètres qui vaudra sûrement à quelques uns de légères courbatures le lendemain matin .

Alors que l'on est toujours en forêt de Rambouillet, on débouche par des espaces naturels sur une plaine, exploitation agricole, pour longer la Pépinière de Bel Air et gagner la Ferté. A ce moment là c'est la descente au fond d'un nouveau ravin qu'il nous faut, vous vous en doutez, remonter avant la pause méritée (mais oui) sur les Terres de Bévillier-Bretheuil.

 

Arrivés devant le chateau de Breteuil, un des lions qui veille au sommet de l'entrée nous rappelle notre rendez-vous du matin. C'est une variante plus nerveuse, incontestablement du début du XVII ème qui défend l'accès au domaine. Aussi efficace qu'un Denfert-Rochereau ? A vérifier, bien sur.

 

 

Foudroyante, c'est une nouvelle attaque de lutins, lucioles, feu-follets, elfes faunes et farfadets (merci Higelin), qui tire le chateau dans les roses.

  

 

 

 

 

Une allée digne d'un conte de Perrault nous mène alors à Herbouvilliers, par lequel on accède au plateau de Hurepoix.

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

Point trop de boullaisiens dans les rues de ce qui s'appelait Troux du temps des Templiers au XII ème. On a échappé à la battue qui se déroulait de l'autre coté de la route et temporairement quitté les Yvelines pour l'Essonne.

 

 

 

Il ne nous reste plus qu'à gagner en contrebas la voie maintenant déférée de l'ancienne ligne Paris-Limours. 

C'est bien roulant et l'on se laisse glisser en pente douce jusqu'à Saint Rémy. 

 

 

Après un dernier arrêt tous ensemble, la boucle est bouclée.

Le ciel peut s'obcurcir, on déboule à Paris...