Samedi 19 janvier 2008

On se retrouve en gare de Chambéry vers 10 heures du matin : il fait beau et déjà presque chaud. À quelques pas, le garage où l’on retire notre voiture de location. N’aurons-nous qu’une Twingo où entasser nos sacs, nos raquettes, et nous-mêmes ? Pire, n’aurons-nous pas de voiture ? Ne nous reste-t-il qu’à chausser les raquettes sur la route ? On frise malgré tout le drame. Et non, car ce serait compter sans notre charme collectif et notre capacité de persuasion ! Nous repartons donc dans une voiture (française, s’il vous plait) dernier cri, dont nous apprendrons, plutôt progressivement, à maîtriser la technologie … même si elle n’a pas l’équipement requis lors de la réservation. Une superbe musique se déclenche au démarrage, et nous comprenons enfin comment se ferment (et s’ouvrent) les portières latérales du vaisseau.

En route !

On s'engouffre d'emblée sur l’autoroute en évoquant les dernières ballades avec un regard rêveur pour les vignes savoyardes qui laissent présager de ce qui va se passer le soir. Toujours bien peu de neige alors que Météo France annonçait 20 cm à 500m ! On quitte les grands axes et St Pierre d’Albigny nous offre généreusement un tour de rond-point supplémentaire avant de poursuivre notre route…nous grimpons au col du Frêne, direction Ecole en Bauges.

C'est l'arrivée au gîte des Landagnes http://pagesperso-orange.fr/landagnes/ où l’on nous réserve un bien sympathique accueil : on sera logé en chambres d'hôtes. Mais la question reste entière : où est la neige, ou plutôt où aller pour la trouver et l’entendre crisser sous nos raquettes ? Notre hôte, Denis Regnaud (qui parcourt régulièrement les chemins du massif), nous indique un nouvel itinéraire en remplacement des Chalets de la Fullie au programme ce samedi.

On s'embarque donc pour la Compôte (prononcer paute). Nous traversons Doucy dessous puis Doucy Chef Lieu aux belles demeures "baujues", et parvenons au début du chemin, enfin au bout du goudron.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On est maintenant au pied du Mont Trelod. La première "mise en jambes" s’ouvre sur l’essai de nos Arvas en position réception et émission.

Nous arrivons au bien nommé Reposoir : il fait beau, la neige est au rendez-vous, nous sommes en montagne !

On se dirige vers le col de la Bornette ayant traversé un petit pont étroit, et nous remontons jusqu’à un chalet qui nous offre son solarium le temps d’une pause thé chaud et fruits secs.


 

 

 

Pas de mouflons en vue, mais quelques chiens tout de même !

À la descente, au niveau du Reposoir, on est saisi par la beauté de la lumière quasi automnale et la vue de la lune qui surmonte les crêtes à notre gauche.

Au gîte, un excellent repas savoyard est confectionné sous nos yeux par Solange Regnaud, composé exclusivement d'aliments issus de la culture biologique. On fera table commune avec nos hôtes. Et c'est la soupe de pois cassés au jus des saucisses, les crosets, la tome des Bauges et bien sûr le Gamay (cru de Savoie), le tout couronné par une tarte qui va nous donner plein d’énergie pour le lendemain.

Une très bonne nuit : pas de ronfleurs en chambrée de deux, avec des lits très confortables dans un décor vraiment sympathique.

La touche culture du jour : le nom d’Ecole ne vient pas "d’école" mais "d’écoulement" : eh oui !

Dimanche 20 janvier 2008

Tout le monde est sur pied à l’heure dite et, après un petit-déjeuner fait de pain bio de la boulangerie renommée d’Ecole, de poiré et de confiture de courges, nous nous apprêtons à monter au col d’Arclusaz.

Apres le Carlet, la route est recouverte d’une belle couche de glace, impossible de faire demi-tour, et il nous faut entamer une marche arrière un peu technique dans notre voiture certes "design", mais dépourvue de pneus neige par faute du loueur. Quelques allers et retours avant de pouvoir se garer et nous voilà décidés à marcher tout simplement, mais prudemment.

Nous quittons la route au parking de Notre Dame de Bellevaux et commençons par une pente bien raide, sans raquettes, sur la rive gauche du ruisseau d’Arclusaz, avant de sortir de la forêt : la vue sur la dent d’Arclusaz (prononcer Arcluse) est superbe.

Nous passons un, puis deux chalets (ceux du Praz et Arbets). La montée est un peu raide mais quelle récompense lorsque nous atteignons le col, sous le chapeau de Napoléon !

Devant nous, les trois aiguilles d’Arves, le Mont Aiguille, le massif de Belledonne, la pollution au-dessus de Grenoble et nous au-dessus, joyeux, au soleil, prêts à savourer un pique-nique qui nous paraîtra royal. "Elle est pas belle la vie ?" s'interrogera l’un de nous. Au menu : viande des grisons (des bisons ?) du marché de Chambéry, tomme de Savoie (deux m s'il vous plait), jolie bouilloire pour l’eau chaude des Bolinos.

 

 

La descente est très agréable. La neige est élastique.

Comme il est encore tôt, nous décidons de remonter vers le Chalet du Lauzier pour atteindre le Chalet Bottier avant de descendre à travers un bois assez pentu et le lit du ruisseau de la Lanche.


 


 



Et puis c'est l'arrivée impromptue au village de la Chapelle rasé le 11 mai 1944. Grâce à un enregistrement alimenté par capteur solaire, nous entendons la voix émouvante et authentique de Monsieur Louis Nardin, habitant d’Ecole, qui "nous parle de l’ancien temps", de l’histoire de ce village et de ses heures tragiques.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous parvenons un peu plus bas à la dite chapelle. C’est un lieu extrêmement beau : l’eau coule derrière la Vierge qui surmonte une inscription Posuerunt me custodem. Nous redescendons ensuite par la route de plus en plus verglacée : gare aux jambes cassées ! Et c’est une belle couche de glace sur le parebrise de notre véhicule.

Au final, une journée fabuleuse et riche d’une maxime lue sur un panneau : Méfie toi du taureau agressif et de la chèvre trop familière. À méditer…

Une mention spéciale pour le potiron cuit au four qui, après nous avoir alléché de son fumet, apparaît sur notre table accompagné de sa farce, d’un délicieux plat de quinoa, d’un vin tannique (de Savoie, mais doit-on le préciser ?), de tome des Bauges (un seul m, merci), et d’un gâteau et sa crème de marrons faite maison. Après avoir parlé avec nos hôtes de montagne et de sa faune et flore, nous passons aux voyages lointains et rêvons déjà d’aventures au long cours. Bonne nuit !

Lundi 21 janvier 2008

Ah ! Que la montagne est belle un lundi de RTT !

Nous partons du joli village de Jarsy aux nombreux greniers à foin, passons par les granges de Précherel et commençons une montée bien régulière par le Bois du Replat pour atteindre la Croix d’Allant et le Plan de la Limace.

Un commentaire s’impose : nous ne marchons assurément pas comme des limaçons. Le point de vue est divin : le ciel bleu découpe les montagnes blanches ; face à nous, la combe où nous sommes montés la veille, et le soleil toujours.

 

 

 

Nous montons encore et parvenons sur la hauteur du Plan Molard après avoir croisé un skieur que notre retour annoncé sur Paris dans la soirée laisse époustouflé : "ah, là, là Paris...".

 

 

 

À la descente, nous croisons aussi des chasseurs alpins en quête d'igloos, des Savoyards qui ne chausseront leurs raquettes qu’à la descente (jamais en montée), et au loin une quinzaine de chamois  sur le versant opposé : que de monde tout à coup. Un peu plus bas sur le chemin du retour, c'est une piqure de rappel (ou initiation ?) aux techniques de recherche avec un Arva.

 

 

Nous retrouvons Jarsy et sa chocolaterie : personne ne voulait acheter de chocolat, mais nous ressortons tous avec un paquet !

 

 

 


 

Sur le chemin, il y aura encore la boulangerie d’Ecole et ses fougasses aux olives, la maison du cloutier et son portail forgé par les Bénédictins ici dans les Bauges, sur un banc un ami de Monsieur Louis Nardin aussi. Un dernier retour au gîte pour une douche bien méritée pour certains, et c’est le temps du départ. La lune s’est levée, ronde, avec nous et nous accompagne au cours de notre recherche épique d’une pompe à essence dans Chambéry. Ah, la poésie du lever de lune sur le Centre Leclerc ! Après avoir déposé notre voiture, chocolats chauds (ou Côte du Rhone !) en Louisiane avant de revenir à la gare de Chambéry.

Tout commence et finit par un train, celui du retour prenant parfois des allures de train fantôme, mais nous sommes un peu autres, riches d’images et habités par une envie : revenir bientôt à Ecole en Bauges ! 

Les photos de cette sortie sont sur l'Album :

http://clubalpin.idf.free.fr/Album2/Raquettes/08-01%20Bauges/index.html

Une collective du Caf IdF
Selection de photos de Marie Hélène Carré, Caroline Sarrazin, Frédéric Fang et Jean Dunaux
Texte de Elisabeth Souny et Angeline Banry