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Les grès de Fontainebleau
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Par Nathalie Cayla Accueil carnets du club
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Tout commence il y a 37 millions d'années, au début d'une période que les géologues appellent le Stampien. A cette époque, un climat chaud, méditerranéen ou tropical, règne sur la vaste baie occupant le centre du Bassin Parisien. Apporté par les rivières, du sable s'y dépose. Il provient du remaniement des sables sous-jacents, d'âge Bartonien ou même antérieur. La découverte de moules sableux de Bivalves et d'os de Siréniens ainsi que l'analyse de la forme et de l'aspect des grains de sable (1) ont permis cette reconstitution. Le retrait progressif de la mer, que l'on nomme régression, est suivi d'une période d'exondation. Un marais s'installe dans les dépressions du site : de vastes chenaux orientés ONO/ESE sous la contrainte de profondes fractures qui entaillent le socle du Bassin Parisien. La silice, mobilisée par la circulation souterraine de l'eau se redépose cimentant le sable en vaste lentilles gréseuses. L'émersion finale donne lieu à la cimentation la plus étendue qui forme les platières (2) d'aujourd'hui. Les grès y ont moulé ça et là les plantes herbacées (3) qui peuplaient cette vaste zone humide. Suivant l'efficacité du processus, les grès obtenus auront des propriétés différentes qui leur vaudront le qualificatif de PIF (4), PAF (5), POUF (6), en rapport avec le bruit plus ou moins mat fait par le marteau à leur contact. |
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La silice n'est pas le seul élément
à circuler dans le sable, des auréoles de couleur rouille
marquent ainsi certains rochers (7) matérialisant la migration
d'oxydes de fer avant la grésification . |
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A la fin du miocène, une épaisse couche de calcaire et de graviers recouvre les grès de Fontainebleau qu'une très lente érosion va progressivement mettre à jour. Les platières dont les blocs sont déjà prédécoupés (9) par la présence de fractures liées à l'action de failles profondes ont permis à l'érosion de démanteler la platière en provoquant la lente descente des blocs le long des pentes, donnant naissance aux chaos de grès (10). Aujourd'hui, le phénomène s'accélère en raison de la fréquentation du massif (11). Des solutions tentent d'être apportées par l'O.N.F ainsi que quelques associations telle le COSIROC. (12) |
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Pour compléter votre lecture : Vous pouvez, tout comme moi, vous plonger avec profit dans les articles de Monsieur OBERT, géologue à l'université Pierre et Marie CURIE, que je remercie pour la relecture de ce texte. |
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Partez en direction du groupe de rochers de la Canche aux Merciers, et tout en traversant le chaos vers le Nord, observez la taille, la forme et l'aspect des blocs de grès. On peut découvrir, sur certains d'entre eux, une surface en peau d'éléphant que l'on a longtemps attribué à une forme d'altération du grès. Il semblerait plutôt que ce soit une forme de croissance de celui-ci, la succession des hexagones en contact qui occupent une surface minimale pour un volume maximal trahissant la compétition entre les grains de silice en croissance. Tapez avec l'aide d'un marteau (pas trop
fort !) sur l'un d'eux, si le " PAF " (5) caractéristique
ne vous frappe pas, essayez sur l'une des dalles blanches qui recouvre
certains blocs le " PIF " (4) doit être bien différent
! Les premiers sont les plus répandus, le ciment siliceux ne
forme que des liens entre les grains, les seconds sont dits grès
quartzites car ils résultent de la recristallisation complète
du ciment. La roche obtenue est particulièrement dure, lisse
et cassante. |
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Monter en direction de l'extrémité Est de la platière du Laris qui parle. N'accentuez pas ce faisant l'érosion anthropique et essayez de suivre scrupuleusement le tracé du sentier bleu ! Mais observez au passage la trace de l'aqueduc de la Vanne qui passe a mi-pente. |
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Au sommet faites une petite pause afin de profiter du paysage. Au delà de la route on aperçoit le Rocher de la Reine qui prolonge la platière sur laquelle vous vous trouvez (2). Constatez leur alignement suivant une direction ONO/ESE. En montant vous avez pu observer les effets de l'érosion qui affouille le sable sous les rochers provoquant leur lente descente (10). Vous avez pu constater aussi que ce n'est pas la chute des rochers qui provoque leur cassure mais qu'ils semblent déjà comme prédécoupés. Afin de vous en persuader continuez sur le sentier bleu pour un peu plus loin descendre en contrebas de la platière. Là on peut voir des blocs parfaitement en place mais déjà découpés par une série de fractures. Celles-ci sont très anciennes puisqu'elles existaient probablement déjà dans les sables qui ont donné naissance à ces grès et on permis la circulation de l'eau chargée de silice. En cheminant sur la platière on peut voir un peu plus loin le socle du télégraphe Chappe de Noisy. |
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| Puis on débouche sur une lande à
callune caractéristique des platières de grès.
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Le long du chemin, sur certains des rochers qui le bordent sur la droite on observe des perforations centimétriques qui trouent la roche, il s'agit des traces de racines de végétaux fossilisés lors de la grésification du sable (3), elles sont la preuve de l'existence d'un vaste marais qui permit cette grésification avant l'installation du lac d'Etampes. Quittez maintenant le sentier bleu et bifurquez progressivement vers le Sud, en direction de la maison Poteau. Il faut traverser le Bois de la Charme dont le sous-sol calcaire déposé par le lac d'Etampes (8) est recouvert d'une mince couche de sable soufflé. Ce calcaire a permis l'installation de la chênaie-charmaie qui le recouvre. |
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Afin de compléter cette promenade,
dirigez-vous vers les rochers des gros sablons en suivant le GR. En
montant on peut constater les effets dévastateurs du piétinement
anthropique (11) ainsi que les quelques ouvrages mis en place par
l'O.N.F. et le C.O.S.I.R.O.C. (12). Le bloc d'arrivée
du circuit noir présente un aspect étonnant (7): des
auréoles de couleur rouille y montre la circulation d'autres
éléments tel le fer. |
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| Texte et photos : copyright Nathalie Cayla 1998 | ||