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A lire avant de partir
(Les numéros renvoient à des observations que vous pourrez
faire lors de la balade)
L'ascension du Chenaillet, qui culmine
à 2634 mètres, permet la découverte de roches
dont certaines se sont formées à près de 30
kilomètres de profondeur, au cur du manteau terrestre
!
A la fin de l'ère primaire, il
y a 250 à 300 millions d'années, tous les continents
de la planète sont réunis en une masse unique, la Pangée,
entourée par un immense océan, la Panthalassa. Ce rassemblement
avait donné naissance à d'immenses chaînes de
montagne dont les restes sont encore visibles dans le massif central
et le massif armoricain. L'érosion ayant immédiatement
commencé son lent travail de sape, c'est sur de vastes pénéplaines
que s'ouvre l'ère secondaire.
Si en surface, la Pangée se transforme,
en profondeur se joue son destin. En effet, une immense chaleur se
dégage du noyau de la planète. Elle est due à
la désintégration d'éléments radioactifs
et alimente des mouvements de convection dans tout le manteau. Ces
importants mouvements de matière étirent la croûte
continentale de la Pangée qui s'amincit progressivement. Une
première cassure donne naissance à l'océan atlantique
il y a 170 millions d'années. Un autre déchirement,
voici 155 millions d'années crée l'océan alpin.
Au centre de celui-ci fonctionne une dorsale médio-océanique
comme celle qui occupe toujours aujourd'hui le milieu de l'océan
atlantique. Sous celle-ci, du matériel profond, plus chaud
et donc moins dense, remonte et sous l'effet de la décompression,
parvenu à une profondeur de 20 à 30 kilomètres,
il entre en fusion.
Le magma issu de la fusion partielle des roches du manteau continue
son ascension à travers des roches qu'il a appauvri, et qui
prennent alors le nom de péridotites (7).
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Très rapidement, l'océan
s'approfondit et les basaltes, de plus en plus vieux au fur et à
mesure que l'on s'éloigne de l'axe de la dorsale sont recouverts
de particules issues des coquilles et des tests d'organismes marins,
ou de la désagrégation des continents. Les radiolarites
(1), sédiments siliceux d'âge jurassique se déposent
en premier, à forte profondeur car alors, le calcaire a été
entièrement dissous lors de sa lente descente. L'apparition
de nouveaux magmas à l'axe de la dorsale provoque l'éloignement
du plancher océanique nouvellement créé et celui-ci
s'éloignant de l'axe parvient dans des zones moins profondes
où les sédiments calcaires (2) peuvent alors se déposer.
Des argiles (3), particules résiduelles de l'érosion
des continents les recouvrent ensuite.
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A raison de 2 à 3 centimètres
par an, l'océan alpin croit durant 70 millions d'années
atteignant la taille de 1500 kilomètres. A chaque poussée
de croissance des failles apparaissent provoquant des éboulements
qui donne naissance à des brèches (10), roches constituées
ici d'un mélange de cailloux d'ophiolites qui apparaissent
sur les basaltes en coussin.
C'est alors qu'un changement de mouvement du continent africain rapproche
ce dernier de l'europe. L'océan alpin commence à se
refermer et des morceaux entiers de celui-ci disparaissent sous la
croûte continentale.
Au début de l'ère tertiaire, il y a 65 millions d'années
l'océan n'existe plus. La compression se poursuivant, certaines
roches de ces fonds océaniques sont expulsées sous la
forme de nappes de charriage qui progressent vers l'ouest provoquant,
lors de leur passage au-dessus d'autres roches, des augmentations
de température et de pression qui transforment ces dernières
(4). Les plissements qui affectent alors les sédiments marins
sont bien visibles au sein des radiolarites (5).
Sous l'action de l'érosion, certains minéraux des roches
qui composaient le plancher océanique se transforment. Ainsi,
il y a serpentinisation (6) des péridotites du manteau.
Pour compléter votre lecture : Vous
pouvez, tout comme moi, vous plonger avec profit dans les articles
de Monsieur CIRIO, président du C.B.G.A. (Centre Briançonnais
de Géologie Alpine, 35 rue Pasteur 05100 Briançon)
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A découvrir chemin
faisant
En entrant à Montgenèvre,
prenez, sur la droite, la route de la piscine et garez-vous avant
celle-ci. Continuez sur cette route à pied puis engagez-vous
sur un petit chemin qui sur la gauche est balisé Chenaillet
et ruisseau Durance.
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La station de Montgenèvre
C'est à Montgenèvre que débuta l'épopée
du ski en France. En effet, au début du siècle
le capitaine Clerc effectue ses premiers essais sur les pentes
du Gondran. Le 159 ème régiment d'infanterie alpine,
le " quinze-neuf " développe alors, matériel
et technique. La première compétition internationale,
organisée par le club alpin français aura lieu
les 11 et 12 janvier 1907, elle réunira les athlètes
de six pays.
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Tout au long de la montée, on
rencontre par endroit des débris des roches que l'on étudiera
ensuite mais les véritables observations ne commencent qu'une
fois parvenu sur la crête au- dessus de la cabane des douaniers.
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Les couleurs de la pelouse alpine.
Dans les prés du Gondran, on est frappé par les
couleurs vives et chatoyantes de toutes ces fleurs de la pelouse
alpine. Pourquoi une telle débauche de pigmentation ?
Deux raisons à cela, la plupart des plantes d'altitude
confie aux insectes le soin de leur pollinisation, le vent étant
trop violent pour la réaliser efficacement, plus leurs
couleurs seront vives mieux elles attireront les insectes. Mais
à l'origine ces couleurs vives sont liées à
la qualité des rayons lumineux qui permettent à
ces plantes de n'avoir besoin que d'une faible surface d'appareil
chlorophylliens (les feuilles) pour produire une quantité
importante de sucre. Ces derniers sont stockés avant
leur transformation en amidon et servent d'antigel mais aussi
à la fabrication de pigments.
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Dirigez vous alors vers l'ouest,
(comme l'indique le panneau indicateur !) pour croiser les roches
sédimentaires océaniques qui se sont déposées
sur le fond de l'océan alpin
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Les radiolarites (1) colorées
en rouge par les oxydes de fer qu'elles renferment sont formées
par l'accumulation des tests siliceux de microorganismes planctoniques,
radiolaires et diatomées. Au-dessus lorsque les hauteurs d'eau
surmontant les fonds océaniques étaient moindre on rencontre
des calcaires blancs (2) provenant du dépôt des particules
calcaires issues des coquilles d'autres microorganismes planctoniques,
les coccolithophoridés et les foraminifères. Enfin ces
deux couches sont surmontées par des argiles (3) issues des
matériaux détritiques arrachés des continents
et apportés aux océans par les fleuves. Ces argiles
ont été transformées en schistes (4) sous l'action
de l'augmentation de pression et de température causées
par le passage au-dessus de celles-ci des nappes de roches plus orientales
déplacées lors de la fermeture de l'océan alpin.
Ces déplacements ont aussi provoqués des plissements
dans les sédiments qui ne se présentent pas toujours
dans l'ordre énuméré plus haut (5).
Revenez ensuite à la cabane des
douaniers afin de pénétrer plus profondément
dans l'océan alpin en partant à la découverte
du massif ophiolitique du Chenaillet.
Une première roche, appelée serpentine (6) en raison
de sa couleur sombre et de sa structure en écaille de serpent,
doit attirer votre attention. En l'observant de près vous pouvez
y voir une masse vert sombre de serpentine qui provient de la transformation
des péridots de la roche initiale, une péridotite (7),
et des cristaux brillants de pyroxène. Cette roche est tout
ce qui reste du manteau supérieur après sa fusion partielle
qui engendra le magma constitutif des roches que nous allons voir
maintenant.
A côté du chemin on observe une ancienne calcaire d'albitite,
une roche très claire, qui servit à la construction
des forts. Son origine est étroitement liée à
celle des gabbros qui seront vus ensuite. En effet, dans la chambre
magmatique mise en place au-dessous de l'axe de la dorsale, lors du
refroidissement de la lave des cristaux apparaissent, ce sont en premier
des feldspaths blancs et des pyroxènes verts qui sédimentent
alors au fond de la chambre et donnent naissance aux gabbros (8) qui
constituent la majeure partie de la montagne et dont la variété
est importante. Le résidu du magma encore liquide s'infiltre
sous la forme de filons qui cristallisent aussi en profondeur mais
en donnant majoritairement un feldspath blanc : l'albite.
La montée au sommet se fait en suivant l'arête ouest,
par un petit chemin, le long duquel des panneaux vous apporteront
ponctuellement quelques précisions géologiques.
On rencontre à peu près à mi-hauteur les premiers
coussins de basalte (9) qui se sont épanchés voici 150
millions d'années sur le fond de l'océan alpin. Leur
forme arrondie est caractéristique et résulte du refroidissement
rapide de la surface qui passe brutalement des 1000 °C de son
émission aux quelques degrés régnant au fond
des océans et qui s'observe dans la structure particulière
du cortex de ces coussins qui présente de minuscules pointes
blanchâtre de feldspath. Ces cortex, du plus bel effet décoratif
ont pris le nom de variolite.
Au sommet on peut apercevoir les baraquements qui servirent à
abriter les soldats durant l'offensive italienne de la dernière
guerre.
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Le Chaberton
Au plus fort de la tension qui opposa la France à l'Italie
dans les années trente, cette dernière décida
de construire un vaste système offensif sur le sommet
du Chaberton. Celui-ci fut aplani afin de permettre la construction
de huit tourelles équipées de canons de 149. L'inquiétude
régnait à Briançon désormais à
portée de canons. Des essais de contre-offensive furent
alors organisés en juillet 1939, des canons placés
à Cervières tentant d'atteindre le sommet de Rochebrune.
Le 21 juin 1940 débuta l'offensive italienne Le Chaberton
tirant sur le Janus, le Chenaillet et le Gondran. Mais le 154
ème régiment d'artillerie de position étaient
prêt et si le mauvais temps retarda ses premiers coups,
à 15h30, la contre-offensive débuta. Immédiatement
efficace, le Chaberton était anéanti à
22 heures !
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Descendre en direction du col du Soréou
au niveau duquel on observe des brèches (10) incorporant des
éléments de basalte posées sur les basaltes en
coussin et qui témoignent des éboulements liés
à la croissance de l'océan alpin.
La balade s'achève ensuite à la falaise du collet vert,
le plus bel affleurement de laves en coussin connu en europe. Un petit
effort de réflexion vous permettra aisément de replacer
celle-ci dans sa position originelle, pour cela il vous suffira d'appliquer
une méthode simple.. qui vous est expliquée sur le panneau
au bas de la falaise.
Pour la descente vers Montgenèvre,
vous avez le choix entre la vallée de la Doire qui se dirige
ensuite vers l'Italie et la vallée de la Durance, ce dernier
itinéraire étant le plus rapide.
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Durance ou Clarée ?
Vous serez peut-être étonné lors de votre
montée de la petite taille du ruisseau qui deviendra
la Durance. Et si vous suivez son cours jusqu'à sa confluence
avec la Clarée venant de la vallée de Névache
peut-être aurez vous un doute concernant la véritable
source de la Durance. En effet, la Durance fait alors piètre
figure face à la Clarée qui perd pourtant ici
son nom.
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