Blog du CAF IdF

La végétation en montagne

Riche et variée, très colorée et attractive, la flore de montagne est parfaitement adaptée aux divers milieux que nous rencontrons en montagne.

Partir à sa découverte vous apportera satisfaction et enrichira vos connaissances.

Je vous propose un aperçu, étage par étage, des joyaux qui rendent nos randonnées si attractives.

  La végétation en montagne

  
 


 
  
  
  
                  

 
  
  





  



Les étages de végétation


Photo Agnès Métivier
Pour les Alpes du nord

L'altitude des étages de végétation varie en fonction de la latitude et de l'orientation du versant montagnard.
Sur le versant sud (adret) la végétation aura tendance à monter davantage en altitude alors que sur le versant nord (ubac) les arbres auront du mal à gagner l'étage supérieur.

Plusieurs facteurs entrent en jeu :
  • L'éclairement qui est plus important en face sud ;
  • La température qui diminue d'environ 0,65° tous les 100 m ;
  • L'enneigement qui dure plus longtemps en face nord, avec en moyenne seulement 5 mois sans neige ;
  • La durée de végétation qui varie avec l'altitude et ne dure que 4 mois à 2000 m ;
  • La pression atmosphérique qui  s'abaisse de 22%  à 2000 m !
Les plantes comme les animaux doivent s'adapter à ces dures conditions.

Petit tour en photo au travers des  étages de végétation
L'étage collinéen

Situé à une altitude inférieure à 900/1000 m, cet étage se rapproche des conditions rencontrées en plaine.
C'est à cet étage que s'installent villes et villages. L'agriculture et l'élevage s'y pratique depuis plus de 1000 ans. La végétation y est riche et variée, les prairies ont été gagnées sur la forêt et l'homme s'est installé sur les pentes ensoleillées.
 

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
Montagne noire : le village de Sorèze se niche au creux d'une forêt de feuillus. Au fond le paysage de bocage est caractéristique d'une région d'élevage en moyenne montagne. Pyrénées : le petit village d'Arcizan près de Luchon. Les foins ont été faits et ne devraient pas tardé à être rentrés.  Le fresne (Fraxinus excelsior)  est un arbre que l'on rencontre fréquemment à basse altitude en montagne.
 
L'étage montagnard                      

Situé entre 1000/1600 m d'altitude, cet étage se caractérise par la présence de la hêtraie sapinière dans les Alpes du nord, la hêtraie dans les Pyrénées et le mélézin dans les Alpes centrales (Maurienne, Mercantour, Valais...) Plus au sud les pins sylvestres dominent.
 

Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Sous-bois de hêtres au printemps. Le feuillage à peine éclos laisse passer suffisamment de lumière pour permettre à la scille fausse jacinthe de se développer. l'épicéa (Picea abies) se caractérise par ses branches en forme de drapeau. Les feuilles sont disposées tout autour de la tige. Les forêts d'épicéas sont particulièrement sombres et la végétation y est quasiment absente. Le mélèze (Larix decidua) est un arbre de lumière. Il aime avoir les pieds au sec et la tête au soleil ! Les feuilles caduques prennent de belles couleurs dorées à l'automne. Son feuillage très léger laisse passer la lumière et les sous-bois en début de saison sont verdoyants.
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
La scille fausse jacinthe (Scilla hyacinthoides) fleurit au printemps en moyenne montagne. On la rencontre dans les sous-bois des montagnes du sud de la France. La cardamine à 5 folioles (Dentaria pentaphyllos) se rencontre fréquemment dans les hêtraies des Alpes du nord et des Pyrénées. Elle préfère les sols calcaires. La parisette à 4 feuilles (Paris quadrifolia) se fait plus discrète et se développe au printemps à mi-ombre sur calcaire. Sa baie est toxique.
 
L'étage subalpin                            

Situé autour de 2000 m, c'est l'étage de la lande à éricacées. Quelques arbres subsistent comme le mélèze qui est une espèce pionnière.
D'autres ne se rencontrent qu'à cette altitude comme le pin cembro. Le pin à crochet présente une forma naine en altitude rattrape la taille des épicéas à l'étage montagnard alors que le pin nain des Alpes conserve sa petite taille quelque soit l'altitude. On y trouve également  myrtilles, sorbiers et genévriers.
Il est séparé de l'étage alpin par un espace, défini par certains auteurs comme zone de combat . Cette zone a été largement conquise par l'homme afin d'agrandir les alpages. La zone de combat se trouve maintenant rattachée à l'étage subalpin.
La limite supérieure de l'étage alpin constitue un habitat propice aux tétras lyres qui sont de plus en plus menacés par les activités humaines (déprise agricole, chasse, tourisme...)
 
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Le pin à crochet (Pinus uncinata) ne se trouve que dans les Alpes occidentales. Il est remplacé en Suisse et en Autriche par le pin nain des Alpes. Le pin à crochets doit son nom à la forme en crochet de l'extrémité des écailles de ses fruits. Le pin nain des Alpes (Pinus mugo) contrairement au pin à crochets il conserve sa taille naine lorsqu'il est transplanté en plaine. Le génévrier commun (Juniperus communis) adopte une forme naine en altitude.

Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Le rhododendron ferrugineux (Rhododendron  ferrugineum) croit sur silice. C'est une espèce que nous rencontrons fréquemment dans les Alpes et les Pyrénées. Le rhododendron hirsute (Rhododendron hirsutum) affectionne les terrains calcaires. Il ne pousse pas en France mais se rencontre en Suisse et en Italie. Les deux espèces s'hybrident. La loiseulerie couchée (Loiseleuria procumbens) croit sur les crêtes déneigées  par les vents violents et glacés de l'hiver.
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
Photo Agnès Métivier
L'airelle rouge (Vaccinum vitis-idaeda) présente des feuilles à bords enroulés vers l'intérieur. La busserole (Arctostaphylos uva-ursi) est fréquente sur les terrains calcaires. Ses feuilles sont coriaces et non enroulées ce qui la différencie de l'airelle rouge. Le polygala petit buis (Polygala chamaebuxus) ne pousse qu'en montagne, ses fleurs varient du jaune au pourpre. Il se rencontre en lisière de forêt.
 
L'étage alpin                                 

C'est l'étage de la prairie alpine occupée tout l'été par les troupeaux qui montent en alpage. La flore y est riche et variée mais dépendante du substrat qui peut être alcalin ou acide. On y trouve de multiples milieux dans lesquels une flore spécialisée se développe.
 

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
La grande gentiane (Gentiana lutea) préfère les terrains calcaires et le basalte. La gentiane ponctuée (Gentiana punctata) ne se rencontre que sur silice Les petites gentianes (ici Gentiana orbicularis) se diversifient en de nombreuses espèces pas toujours faciles à identifier !

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
La gentiane des Pyrénées (Gentiana pyrenaica) compte deux fois plus de pétales que les gentianes acaules que nous rencontrons habituellement. La gentiane acaule (Gentiana acaulis) ne pousse que dans les massifs calcaires. La gentiane champêtre (Gentiana campestris) apparaît en fin d'été dans les alpages.

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
La campanule barbue (Campanula barbata) croit sur les sols siliceux. La campanule en épis (Campanula spicata) peut atteindre des dimensions impressionnantes ! La campanule en thyrse (Campanula thyrsoides) par sa forme inhabituelle attire le regard.

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
L'aster des Alpes (Aster alpinus) égaye le paysage avec ses fleurs d'une belle couleur pourpre. Le trèfle des Alpes (Trifolium alpinum) s'installe dans les alpages au sol acide. L'édelweiss (Leontopodium alpinum) se fait de moins en moins rare. Les amoureux auraient-ils oublier la tradition qui consiste à gravir les à-pics pour offrir à leur belle cette plante symbole des montagnes ?
 
L'étage nival                                  

Cet étage est constitué par les glaciers et les rochers. Situé au delà de 2800 m la vie y est moins abondante que plus bas. Pourtant des espèces animales, pour certaines qualifiées d'espèces relictuelles comme le lagopède sont parfaitement adaptées aux dures conditions de vie liées à l'altitude et au froid. D'autres espèces animales, chassées par l'activité humaine s'y sont installées (chamois, bouquetins) mais redescendent en hiver. La flore y est variée et spectaculaire tant par ses couleurs que par sa résistance alors que les fleurs paraissent si fragiles ! Pas d'arbres, à part quelques espèces naines nains qui croissent au ras du sol...
 

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
Le saule herbacé (Salix hebacea) ne laisse apparaître que ses feuilles à la surface du sol. La partie qui constitue le tronc et racines se trouve entièrement enfouie. Le saule réticulé (Salix reticulata) présente des feuilles réticulées. Au printemps elles se protègent du froid par un fin réseau de poils duveteux. Le tronc de ce saule est parfaitement visible sur la photo ! Le saule à feuilles rétuses (Salix retusa) s'étale sur les rochers. Son tronc est également visible sous les feuilles. Son cousin, le saule à feuilles de serpolet (Salix serpyllifolia)  occupe le même biotope et les deux espèces sont difficile à différencier.

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
Le pavot rhétique (Papaver rhaeticum) se complet dans les éboulis calcaires.
 
Le thaspi à feuilles rondes (Thlaspi rotundifolium) affectionne également les éboulis calcaires La benoîte rampante (Geum reptens) pousse dans les éboulis et les moraines. Indifférent au sol, il lance ses stolons en toute direction afin d'y implanter quelques rejetons.

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
La campanule alpestre (Campanula alpestris) aime les éboulis et les rochers. Elle est endémique du Dauphiné, de la Savoie et du Piémont. La primevère hirsute (Primula hirsuta) se rencontre accrochée aux rochers siliceux. La raiponce à feuilles de globulaire (Phyteuma glibulariifolia)  est normalement calcifuge. Ici sur terrain calcaire certainement acidifié par l'érosion.

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
Le saxifrage paniculé (Saxifraga paniculata) est très fréquent sur tout type de rochers. Le saxifrage à feuilles opposées (Saxifraga oppositifolia) se rencontre sur les moraines en terrain acide. Le saxifrage bleuâtre (Saxifraga caesia) affectionne les rochers calcaires.

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier

Photo Agnès Métivier
La renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis) peut se rencontrer jusqu'à 4000 m d'altitude ! L'androsace des Alpes (Androsace alpina) s'accroche aux rochers et s'installe assez haut en altitude. L'Androsace de Vital (Androsace vitaliana) se rencontre en France dans les Alpes du sud (Briançonnais, Mercantour...)