L'alpinisme français en déclin?

JFM
Bivouac tous les week-ends
Messages : 266
Inscription : 15 novembre 2012, 15:13

Re: L'alpinisme français en déclin?

Message par JFM »

Mais pourquoi le rédacteur de cette vision si pessimiste des alpinistes français ne cite-t-il pas Patrick Gabarrou, François Marsigny, Philippe Batoux et Alain Ghersen entre autres. Il ne rend pas hommage à Pierre Labre qui a réalisé tant de premières en Himalaya.
Il ignore les deux dernières réalisations de Patrick au Cervin: la voie "Padre Pio, échelle vers le ciel". Une voie de 1300m, très raide, entre pilier et ressaut de Furggen, réalisée le 6 aout 2015 avec Nicolas Magnin et Pierre Gourdin, prolongeant la voie "Padre Pio" un itinéraire de 700 mètres et 19 longueurs dans cet obélisque qui se dressait du parterre fleuri des alpages de Breuil Cervinia, sous l’arête de Furggen réalisée 13 ans auparavant. Cette voie non encore répétée est peut-être la plus engagée réalisée à ce jour dans les Alpes. Il s'abstient de citer le parcours en 1992, avec Lionel Daudet, de sa grande première du Nez de Zmutt, en versant ouest, "Aux Amis disparus", qui fit sensation. Le crux en avait été franchit et équipé par Pierre Gourdin qui, n'étant pas disponible, n'a pu été présent lors du son parcours intégral et que Lionel Daudet a suppléé. Et que dire de "Divine Providence" au Grand Pilier d'Angle" qui reste l'une des voies les plus belles et engagées du Massif du Mont Blanc ouverte par Patrick Gabarrou et François Marsignyn deux alpinistes aux personnalités si différentes...
Il ignore les réalisations de Stéphanie Bodet et Liv Sansoz !
Cessons de glorifier les parcours de falaises de difficultés certes extrêmes mais d'au plus quelques longueurs pour privilégier le parcours des classiques de Haute-Montagne des Alpes. C'est l'ambition du "Groupe 4000" du CAF-Ile de France de rappeler le plaisir éprouvé à parcourir ce que d'aucun qualifie d'alpinisme "old school".
Jean-François Mougenot.
Pampita
Messages : 1
Inscription : 26 décembre 2020, 19:01

Re: L'alpinisme français en déclin?

Message par Pampita »

Bonjour,

il faut avouer que la polémique bidon concernant Herzog et l'Annapurna n'a pas aidé...
Sans forcément revenir aux années 50 et au modèle un peu naïf du héros pour la jeunesse, passer à l'extrême inverse et déboulonner gratuitement ceux qui ont réalisé des exploits bien réels pour le simple plaisir de déverser son fiel a fait du mal à l'alpinisme.

L'humain reste un humain ; il a parfois besoin de s'identifier à des gens qui ont réalisé de grandes choses pour aller de l'avant et s'y mettre aussi. A mon tout petit niveau, c'est un voyage au Népal, la vision de l'Annapurna et la lecture du bouquin d'Herzog qui m'ont fait franchir le pas. Imaginez un jeune d'aujourd'hui, ayant vaguement entendu parler de la ridicule petite polémique médiatique : ça ne lui donnerait pas envie...
JFM
Bivouac tous les week-ends
Messages : 266
Inscription : 15 novembre 2012, 15:13

L'alpinisme français en déclin?

Message par JFM »

Faut-il souscrire à cette analyse publié le 29/12/205 dans le quotidien "La Croix"?
Ceci ne peut qu'interpeller les membres du CAF francilien dont le nombre d'adhérents diminue d'année en année comme peau de chagrin et dont il est prudent d'ignorer l'âge médian de ses membres...
Lisez ce constat qui me semble quelque peu excessif et trop pessimiste.
Jean-François Mougenot.


L’alpinisme français en panne d’étoiles
Il y a cent cinquante ans, l’ascension du Cervin, le 14 juillet 1865, lançait l’alpinisme moderne. Une discipline dans laquelle l’école
française a joué un rôle prépondérant, qu’elle est en train de perdre

Il y a trois ans, le 20 décembre 2012, étaient célébrées à Chamonix les obsèques du plus célèbre alpiniste français,
Maurice Herzog, décédé quelques jours plus tôt. Le vainqueur de l’Annapurna (8 091 mètres d’altitude) quittait la scène
un mois après Patrick Edlinger. L’homme araignée était mort en novembre, à la suite d’un accident domestique, à 52 ans.
Trois ans plus tard, cette coïncidence inspire à Claude Marin un cruel constat: Le grand alpinisme français est mort avec
eux.

Loin d’être un Cassandre des vallées, Claude Marin est un ancien guide de Chamonix qui a participé à la création des
Piolets d’or, le festival récompensant chaque année les plus belles ascensions du monde. Pour illustrer son propos, il
suffit comme lui de puiser dans le palmarès des expéditions sélectionnées ces dernières années. On y trouve des
cordées britanniques, américaines, russes, coréennes, canadiennes, japonaises, slovènes. Mais pas ou peu de noms
français, à la notable exception du duo Stéphane Benoist-Yannick Graziani, salué en 2014 pour son ascension de la face
sud de l’Annapurna. Yannick Graziani forme avec Stéphane Benoist le seul duo français capable de rivaliser au
niveau mondial.

Les grandes nations alpines traditionnelles, Allemagne, Autriche, Italie, sont elles aussi à peu près absentes des
palmarès. Et si la Suisse garde un pied au sommet de l’alpinisme mondial, elle le doit au seul Ueli Steck, roi d’ascensions
express controversées car les preuves de certains de ses exploits font défaut. Côté français, le retrait est d’autant plus
spectaculaire que le pays de Maurice Herzog avait dans les années 1980 et 1990 le plus fameux bataillon d’étoiles de
montagne. C’était l’époque où les Catherine Destivelle, Benoît Chamoux, Éric Escoffier, Patrick Berhault, Jean-Christophe
Lafaille, Patrick Edlinger ou Christophe Profit enchaînaient les exploits et les unes du magazine Paris Match, fort friand
d’épopées montagnardes, aujourd’hui absentes des kiosques à journaux.

Seuls deux survivants de cette génération font vivre la légende. Catherine Destivelle, retraitée des cimes, est aujourd’hui
éditrice et conférencière. Quant à Christophe Profit, il grimpe toujours, car il reste un des guides les plus demandés de Chamonix,mais s’en tient désormais pour ses clients à des voies classiques dont la face nord de l'Eiger par la voie Heckmair...

Les autres sont tous morts en montagne sans laisser d’héritiers. Il reste beaucoup d’excellents alpinistes en France, mais le top niveau mondial n’est plus français , reconnaît Didier Minelli, guide et actuellement directeur de la maison de la montagne de Grenoble. Pour le mesurer parcourez la revue "The World's Most Significant Climbs" édité chaque année par "The American Alpine Journal".

Lui et Claude Marin partagent le même constat un peu amer. Cette baisse de niveau est parallèle à la trajectoire de la
pratique de l’alpinisme, en chute libre depuis une vingtaine d’années. À de rares exceptions près comme le Goûter,
gardien du Mont-Blanc ou le glacier Blanc, passage obligé pour le dôme des Écrins, les refuges ne font pas le plein,
même en haute saison. Cette période est désormais limitée au printemps pour les hauts sommets enneigés, car le
réchauffement climatique en interdit l’accès dès juillet. Quant au carnet de travail des guides, il peine à se remplir de
commandes dépassant la journée ou la demi-journée. Beaucoup se sont reconvertis dans le canyoning (ou canyonisme,
descente spectaculaire de torrents) en été ou le ski-alpinisme en hiver.

Quelque chose a changé, simplement grimper au sommet des montagnes ne fait plus rêver, regrette Claude Marin,
dans ces conditions il n’est pas étonnant qu’on ne trouve plus de jeunes Français dans les palmarès. Disons qu’ils
s’intéressent à une forme d’alpinisme différent, tempère Didier Minelli. À l’ascension traditionnelle, ils préfèrent
désormais selon lui les cascades de glace, le surf de couloir, le highline (funambulisme en altitude) ou le base jump (les
sauts extrêmes). Ces disciplines gardent l’alpinisme en dénominateur commun, mais dans son expression la plus
sommaire. Il s’agit de parvenir en haut sans se préoccuper du style, pour accéder à l’ivresse en dévalant un sentier
d’altitude en VTT, en marchant sur une sangle entre deux pitons, ou en se jetant dans le vide avec un minuscule
parachute. Le pari de l’ascension extrême a cédé face au frisson de la descente vertigineuse.
Jean-François FOURNEL
http://www.la-croix.com/Actualite/Sport ... s-en-panne
Répondre