Cascades de glace lointaines

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JFM
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Cascades de glace lointaines

Message par JFM » 04 mars 2016, 08:18

Décrit dans "Le Dauphiné Libéré" par Antoine CHANDELLIER journaliste exerçant dans ce quotidien régional, l'exploration par des glaciairistes experts d'un nouveau site en Islande. Une alternative lors d'un hiver jusqu'à présent si peu propice aux amateurs éclairés de cascades glaciaires hivernales.
A l'attention des meilleurs d'entre nous.
J-F. Mougenot

Cascade de glace au Cap Horn de l’Islande Philippe Batoux
Jeudi 3 mars 2016
C’est un véritable séjour exploratoire de trois semaines que se sont offert quatre des plus éminents de nos alpinistes, en ce mois de février. Le Haut-Alpin Lionel Daudet, le Grenoblois Aymeric Clouet et les Haut-Savoyards Philippe Batoux et Yann Borgnet ont découvert un fabuleux gisement de cascades de glace du troisième type, un nouvel ailleurs.
"Des lignes d’ampleur au-dessus de l’océan qui confèrent à ce lieu une atmosphère particulière qui n’a pas grand-chose à voir avec nos cascades dans les Alpes", explique Lionel Daudet. Il faut dire que l’endroit est un de ces bouts du monde, à 100km du premier axe de circulation déneigé. On y accède par bateau, se raccrochant à l’espoir que ce dernier vienne vous rechercher, selon de créneaux souvent contrariés par une météo qui vous offre plaisirs et désagréments des quatre saisons en une seule journée. On est là au Cap Horn de l’Islande, dans les fjords du nord-ouest de l’île qui a fasciné Jules Verne. Et un spot d’avenir pour les glaciéristes.
"L’endroit avait été flairé par notre ami Erwan Le Lann, avec son bateau Maewan l’an dernier. On l’avait accompagné sur la première étape de son tour et on n’avait pas eu le temps de s’y aventurer." Aussi à l’automne dernier le quatuor avait-il décidé de retourner sur ces côtes insolites, se laissant guider par le fantasme de lignes de glace à portée de piolets : "Raides, ciselées par les larmes du ciel arctique, malmenées par les intempéries, suspendues à de sombres parois, tombant à pic dans les eaux redoutables de l'Atlantique Nord."
L’expédition "Northern Ice, dans le sillage de Maewan" a rempli ses promesses, avec pour seul public renards polaires, phoques ou pingouins. Et des aurores boréales pour feux d’artifices. Il y eut cette satanée nuit polaire qui accélère le temps et des vents atteignant parfois 150 km/h. "Faire de la glace au Horn n'est pas gagné d'avance tant les paramètres défavorables sont nombreux. Comme si on voulait jouer au poker avec une simple paire en main. Les conditions de glace et l'approche des cascades ? Inconnues. Les prévis météo ? Pas fameuses. Le débarquement en bateau ? Incertain."
Sur la rive de la baie de Hornvik, arc de cercle qui tranche le blanc alentour d'un fin liseré de sable noir, l’exploration commence. Après une étape dans un phare, ils iront planter leur camp de base de l’autre côté du cap. Leur première ouverture, "Fjalirfoss", exige une approche d’expert, "à frôler les vagues, à chalouper sur les galets polis, à gratter la neige pour passer entre les aiguilles et la paroi, et dégager de vieux cordages de marins sur lesquels nous n'osons pas tirer."
À la suivante, Batoux et Daudet suivront les traces d’un renard, avant de zigzaguer dans une tapisserie de glace qui les mènera à ultime élan vertical qu’ils intituleront "Mister Renard". Même Philippe Batoux, vieux loup de mer-montagne est impressionné par "ce mélange d'extrême austérité, de lumières sublimes, de proximité marine."
Aymeric Clouet et Yann Borgnet ouvriront une ligne d’une raideur à faire pâlir leurs aînés avec une sortie en mixte qu’ils baptiseront Maewan. Et lorsqu’ils quittèrent ces lieux de désolation, les quatre hommes avaient du mal à se débarrasser d’un entêtant goût de "reviens-y" : "l'exploration du Horn ne fait que commencer", promet Daudet qui rêve d’y transposer son concept d’expédition de longue haleine accédant aux côtes en traversant les calottes glaciaires en kyte.

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