Blog du CAF IdF

Entre garriottes et charriottes Ou le Quercy autrement

Par Bernadette P.

Au hasard des pages d'un catalogue de randonnée très pyrénéen, j'ai, un jour découvert l'existence des randonnées avec « joélettes » (Du nom de Joël Claudel, son inventeur). Pour tout dire, je connaissais leur existence depuis fort longtemps mais je n'avais jamais osé franchir le pas et surtout ne savais comment y participer.

Album photo

Entre Garriottes et Charriottes, le Quercy autrement

Pilote de joélette débutante

Au hasard des pages d'un catalogue de randonnée très pyrénéen, j'ai, un jour découvert l'existence des randonnées avec « joélettes » (Du nom de Joël Claudel, son inventeur). Pour tout dire, je connaissais leur existence depuis fort longtemps mais je n'avais jamais osé franchir le pas et surtout ne savais comment y participer.

Là, ce fût très simple, un simple coup de fil, une place libre, un chèque de participation très modeste et j'étais inscrite. C'est ainsi que je devins « pilote de joélette débutante »

Mais de quoi s'agit-il exactement ? Ce sont des randonnées qui mélangent valides et handicapés les premiers servant de pilotes aux seconds, les handicapés étant des handicapés moteurs ou des non voyants. Les handicapés moteurs sont transportés, lors des randonnées, sur des sortes de brouettes, ou chaises à roue unique, suspendues, pliables, assez hautes, avec un véritable pneu. Il faut au minimum deux personnes pour les tracter et piloter, une à l'arrière pour guider et une à l'avant pour tirer. Il y a aussi un frein, comme sur un vélo. Mais parfois si les conditions le nécessitent, nous pouvons être quatre, voire cinq, dans un terrain difficile.!

De plus j'avais très envie de découvrir le Quercy dont on me parlait depuis longtemps et le camp de base de ce séjour est une grande maison pleine de chambres et de salles de bain tout près de Limogne-en-Quercy. La plupart des participants venant de Toulouse, se sont retrouvés pour un covoiturage, avec un minibus, et l'un est même arrivé à vélo de Gironde !

Voici enfin le groupe au complet pour notre petite semaine : 14 participants dont deux non voyants et deux handicapés avec joélettes sans compter le chien guide, Titan, en vacances lui aussi, et un accompagnateur professionnel plus un stagiaire pour gouverner ce petit monde.

Pas question d'oublier une goupille

Le premier jour fût consacré à la découverte technique du montage et démontage des « engins » pas si simple ma foi, une joélette est un peu un puzzle, chaque chose à sa place et son sens de montage, et pas question d'oublier une goupille qui lâcherait en pleine descente par exemple avec notre passager dessus !

Le pilote de tête, muni d'un baudrier relié aux bras de la joélette, n'a d'autre travail que de tirer la charriotte et de choisir son chemin pour éviter les pierres pour la roue et pour son pilote arrière, qui n'a pas toujours bien le temps de voir où il pose les pieds ! Pour le pilote arrière la tâche est plus délicate, surtout quand le profil du terrain est varié, car il doit assurer l'équilibre du passager, tant dans le plan latéral, pour qu'il ne verse pas que dans le plan avant-arrière pour faire reposer le maximum de poids sur la roue car dès que le poids se retrouve sur les brancards, il devient très difficile de manoeuvrer et la chute menace. Le pilote a également un frein à sa disposition car dans les descentes il est nécessaire de freiner si on ne veut pas se retrouver emporté par le poids dans la pente.

Les passagers ont-ils peur ? Parfois un peu sans doute, mais les inévitables manoeuvres d'équilibre du début les faisaient plutôt rire.

Évidemment nous nous relayons à ces différents postes, et ma foi, en terrain facile on finit par y arriver. Par contre il est parfois difficile de suivre le rythme rapide de celles-ci, on ne sait pourquoi, peut être parce que la vitesse nous équilibre mais on a tendance à aller plus vite avec la joélette qu'à pieds, à vide ! Quant au pilotage des non voyants, rien de plus simple, ni de plus reposant, ils suivent tous nos mouvements simplement en nous donnant le bras ! Il suffit de leur « raconter le paysage ».

Chemins creux et moussus

Et c'est ainsi que, au fil des jours, notre curieux équipage partit à l'assaut du Quercy et du Causse de Limogne avec ses chemins creux et moussus, ses murets et ses « garriottes », qui sont de petits abris de berger en pierres sèches (couramment appelées cadoles ou bories dans d'autres régions) et ses moulins qui datent de l'époque où le Quercy produisait beaucoup de blé qui était moulu sur place. Également plus anciens encore ses nombreux dolmens, qui prouvent que cet endroit attire depuis fort longtemps notre espèce et bien d'autres d'ailleurs car le gibier, lièvres et sangliers, ne manque pas.

Un terrain calcaire

Le Causse est un terrain calcaire propice à la formation de grottes et de vastes dépressions comme l'Igue de Crégol qui est une sorte de très grande cuvette d'effondrement dans laquelle la végétation a trouvé son chemin.

Les villages aussi sont très intéressants, je pourrais citer Beauregard, et sa halle du quinzième siècle, Varaire, Limogne, le château de Marsa et tout cela nous le découvrons au rythme attentif de la marche et ... en papotant comme dans toute bonne randonnée.

Évidemment la rivière Lot aussi a eu droit à notre visite et nous sommes allés par le chemin de halage de Bouziès à Saint-Cirq-Lapopie , remarquable chemin taillé à même la roche, suivi par la rude montée jusqu'en haut du village qui domine toute la vallée du Lot sous les regards ébahis des badauds qui nous voyaient monter les marches avec nos curieux attelages ! Nous avons flâné dans les ruelles pittoresques de ce vieux village pas encore envahi par les flots de touristes de l'été et admiré son architecture préservée.

Et comme il se doit tout cela s'est terminé par une fête et un repas gastronomique quercynois !

Peut-être ce récit et ces photos vous donneront-ils envie de vous lancer dans ce type de randonnée un peu différente ? Alors je vous conseillerais de commencer par un terrain pas trop difficile pour vous familiariser avec l'engin et qui sait, ensuite, de vous lancer à l'assaut des montagnes avec vos passagers. Voir les adresses de quelques associations dans les renseignements pratiques.


Accès en train et situation : ligne Paris-Cahors-Toulouse, on peut atteindre cette région par le nord via Cahors ou par le sud via Caussade et également par l'Aveyron qui est à
l'est : Villefranche-de-Rouergue, Najac, ne sont pas très loins. Au sud se trouve également l'Aveyron avec St-Antonin-Noble-val et Cordes.

Voir la carte IGN au 1/ 100 000 - N°57

Hébergements : de tous types mais pour les randonneurs pédestres ou VTTistes on trouve de nombreux gîtes d'étape et campings dans cette région. A proximité de notre lieu on peut citer des gîtes à Varaire, Limogne, Concots, St-Cirq-Lapopie. Consulter le guide des gîtes et refuges ou bien www.gites-refuges.com.

Circuits et randonnée : de très nombreux circuits de tous types, GR, PR, VTT et de tous niveaux, tant à pied qu'en VTT sur des chemins vicinaux très bien entretenus, dans une région qui est encore très rurale et préservée.

Informations :

Comité Départemental du Tourisme & Chambre de Commerce et d'Industrie du Lot
107 Quai Cavaignac - 46000 CAHORS
www.tourisme-lot.com

Quercy Tourisme : http://www.quercy-tourisme.com/

Randonner en accompagnant des joélettes :

UMEN (Univers Montagne Esprit Nature)
40 Passage des Marronniers
31240 SAINT JEAN
tél : 05 62 24 18 18
http://umen.asso.free.fr/

Handicap Evasion a des antennes dans plusieurs départements
http://www.hce.asso.fr/

Rives duLot
Chemin de halage de Bouziès à St-Cirq-Lapopie

Quelle aventure !

St-Cirq-Lapopie


mode d'emploi : des élèves attentifs


Sur le causse de Limogne


Pilote de joélette débutante



Un terrain calcaire : l'Igue de Crégol


Beauregard
La halle de Beauregard (XVème siècle)

 

Une garriotte
Visite d'une garriotte

 

dolmen
Détournement de dolmen !

 

Voir l'album photo complet