Blog du CAF IdF

03 décembre, promenons nous dans les bois?

Pont Sainte Maxence. Il est dix heures du matin, ce dimanche de décembre avec son avis de tempête de nord-ouest. Le vent souffle déjà et c'est un ciel bien chargé qui recouvre l'Oise gris souris. Pour un peu, on se croirait au Pouldu, joli port de pêche. Se rappelle-t-on du martyre de Sainte Maxence (fin du Veme)? Maxence, fille du roi des Scots et convertie à la foi par Saint Patrice. Elle préfère la religion au prince barbare païen Avicin, s'enfuit jusqu'à l'Oise, où elle est rattrapée par le barbare qui tente d'abord de briser la résolution de la jeune vierge par des prières mais sans succès, l'affection devient fureur et il lui tranche la tête...la légende veut que le corps de Maxence se leva, prit sa tête entre ses mains et la transporta jusqu'à sa tombe.

Joli port de pêche, donc. Les maxipontains ne s'y sont pas trompés, affichant des rêves au long cours où l'on affronterait les éléments en fureur pour s'échouer par miracle sur une île des antipodes, dans les bras d'une jeune indigène. Mais pour l'heure, nous sommes bien en butée de Forêt d'Halatte. Alors pour s'échauffer, plein sud non pas pour les tropiques mais vers le Calipet. Grimpée soutenue, sur la Montagne du Calipet puis traversée de champs pour la maison forestière des Falaises, précisément à l'arrivée des 4x4 des chasseurs.

Or, nous sommes bien en forêt, abri de nombreux grands animaux : sangliers dont on devine la présence, cerfs et chevreuils qui traversent à distance somme toute respectable et respectée. Toujours plein sud et sous les gouttes plus ou moins serrées, nous sommes rapidement au pied de la butte du Mont Pagnotte, dont on gravit les 222 mètres en quelques enjambées. Zut! Aurait-on perdu le sens de l'aventure au CAF IdF? Laissons ce chapitre aux suivants. On cherche vainement à apercevoir la Tour Eiffel, mais c'est le Phare de la Pointe de Blascon qui surgit sous notre nez... ah, le mal aigu des montagnes.

Bon, le Pagnotte, c'est bâche...alors nous voilà repartis dans l'ancien domaine Royal, au sud, sud-ouest au milieu des futaies de hêtres et de chênes bien entretenus. On traverse des parcelles de résineux vers Villers St Frambourg sous une pluie qui se fait battante.

En tentant un léger détour par Chamant on a le vain espoir de trouver l'abri d'un auvent, attirer la sympathie d'un maître de centre hippique et son manège salvateur, civilement offert pour casser la graine? Et bien, c'est raté! On entend quelque découragement dans le groupe, l'illusion d'un transport public qui ramènerait en terre civilisée...et il nous faudra patienter encore deux kilomètres, heureusement séchés par un fort vent d'ouest pour pouvoir faire escale dans un bosquet en lisière de la Ferme des Alouettes. C'est une accalmie en vue des clochers de Senlis, et le moral remonte presque aussi haut, avec l'aide de quelques bouteilles et d'un excellent far aux pruneaux et autres chocolats. Mais il n'est pas question de s'éterniser dans l'humidité ambiante.

Accueillis par une girafe qui surveille l?horizon derrière son mur, nous traversons Senlis, ville royale demeure des rois de France. Incursion touristique par les rues pavées, un aperçu de la cathédrale Notre-Dame, du prieuré Saint-Maurice, des remparts gallo-romains et nous voilà sortis, malgré quelque salon de thé à l'ambiance bien cosy. On ne peut pas tout avoir, et ce sera pour une autre fois!

Cap sur la Forêt de Chantilly. C'est évidemment le domaine du cheval, mais faisant fi des grandes allées sablonneuses et autres pistes labourées, nous optons sans hésitation pour le hors sentiers.

Le soleil pointe timidement ses rayons, le ciel se déchire de bleu et les imperméables sont rangés dans les sacs. Elle n'est pas belle la vie au sec?

En cette sison le crépuscule arrive bien tôt, et c'est sous la pleine lune que nous arrivons au château de Chantilly pour longer le champs de course et le Musée Vivant du Cheval, Porte Saint Denis. Comme promis, ce sera le train d'avant pour Paris!