Blog du CAF IdF

Barre des Cévennes

Les lieux sont comme des personnes : ils réclament, pour être compris, une certaine manière de les aborder … Pour entrer dans Barre des Cévennes, quelle que soit la provenance du chemin (pédestre, bien sûr !) qui vous a mené jusqu’à ce coin de Lozère, il faut consentir à faire un petit détour pour gravir d’abord la falaise, le « Castelas », qui surplombe le village.

La montée se fait par une sorte d’escalier aménagé à l’ouest. Une fois arrivé au point le plus haut, on est encore dominé par des rochers qu’il est impossible à un randonneur d’escalader. Une table d’orientation détaille les différents « cans » (plateaux calcaires) qui se présentent vers le nord-ouest, à perte de vue jusqu’à Florac. Il convient ensuite de faire le tour de la barre rocheuse, de s’asseoir à son côté sud et de déployer devant soi une carte au 100 000ème. Le cœur même des Cévennes s’offre alors au regard : succession de hautes crêtes et de sombres vallées. « Un déferlement de hautes vagues figées dans le ciel et qui roulent vers la mer », comme le décrit magnifiquement Stevenson.

De fait, en haut de cette falaise, à 1015m d’altitude, on domine les trois vallées principales, orientées grosso-modo nord-ouest / sud-est et séparées les unes des autres par de longues crêtes : la Vallée Borgne, de la crête de l’Aigoual jusqu’à la Corniche des Cévennes ; la Vallée Française, la plus large, qui englobe plusieurs mini-vallées, jusqu’à la montagne de la Vieille Morte ; enfin, la Vallée Longue, où les mines de charbon ont laissé leur souvenir.

 

Les eaux de chaque vallée se rassemblent dans des ruisseaux appelés gardons. Ainsi, les eaux de la Vallée Borgne coulent dans le gardon de St Jean, celles de la Vallée Française dans le gardon de Mialet et celles de la Vallée Longue dans le gardon d’Alès.

Les gardons de St Jean et de Mialet se rejoignent pour former le gardon d’Anduze qui, lui-même, avec le gardon d’Alès, formera le Gard.

 

Cette région, où les lignes ondulantes des crêtes alternent avec la sombre profondeur des vallées, semble bien impénétrable ! Nul étonnement donc à ce que les protestants s’y soient réfugiés après la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685 pour pratiquer en cachette leur culte lors des « assemblées du Désert ».

 

Un petit sentier au sud permet de descendre directement sur Barre. Ce trajet procure une vue saisissante sur les toits en schiste du village, la vieille tour et sur le chevet arrondi de l’église.

Car, après la falaise, c’est par l’église qu’il convient d’aborder ce petit bourg : une église toute simple, toute fraîche après la chaleur du dehors, romane avec des adjonctions gothiques.

Puis, ce sont les maisons hautes, serrées les unes contre les autres, certaines du XVIIème ou XVIIIème siècle, dotées de petits jardins en terrasse pour économiser l’espace. Une rue, étroite, passe entre les maisons. Elle ne suit pas vraiment une ligne droite, mais afin de relier toutes les habitations, elle ondule de façon à rendre inutile tout passage latéral.

 

Devant l’entrée d’une de ces maisons, qui sert aujourd’hui de bibliothèque, un banc est posé directement dans la rue. Il accueille le passant peu pressé pour une lecture ou un bout de conversation.

Sur le banc, trois dames sont assises. Elles s’étonnent de voir passer des randonneurs. Depuis que le chemin de Stevenson existe – Barre ne fait pas partie de son itinéraire – il y a, parait-il, beaucoup moins de passage par ici !

Ce qui prouve que la lecture de Stevenson, si elle est suivie d’une obéissance trop fidèle, peut vous priver de la découverte d’un village qui ne se livre qu’à ceux qui prennent le temps de l’apprivoiser.

Commentaires

1. Le mercredi, août 26 2009, 09:21 par Martine Cante

c'est un essai ! et je peux modifier ce que je veux !

2. Le mercredi, août 26 2009, 20:23 par Hellsy

Essai transformé, tous mes encouragements !
Je vais faire râler Xavier : Le texte est extensible mais pas les photos...

3. Le dimanche, septembre 6 2009, 09:40 par eric birot

Dommange que Stevenson
ne soit pas passé à barre des Cevennes, c'est très pitoresque
et très froid l'hiver
Pour le reste ton article mérite
de paraître dans un guide touristique
on a vraiment envie d'y passer
quelques jours .
sans oublier l'inoubliable daube de sanglier .